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Le ciel verse du bleu
Sur les collines de sa peau blonde.
Le soleil allume
Une ligne brillante qui longe son épaule.
Une ligne liquide qui coule
Et forme une flaque claire au creux de son cou.

Sa peau se mélange au ciel.
Sa peau se farde de soleil
Et le noir de ses yeux s’est fondu dans le bleu.
Mille ombres portées éclaboussent ses jambes
Et le soleil fatigué
Se couche sur son corps allongé.

Un dimanche d’été.
Une très belle journée.
Impressions.

 
Elle regarde les couleurs que le crépuscule dessine
Sur son visage dans les reflets du lac d’été.
Elle est proche et loin.
En kilomètres, c’est tout proche, en vies c’est très loin.
Des milliers de vies nous séparent
Et la distance d’un lac.
L’épaisseur d’un orage.
Cet éclair vient de chez elle et elle entend mon tonnerre.

Elle regarde les couleurs que le crépuscule dessine,
Elle est assise au bord du lac et l’eau saisie se fige,
Pour venir la regarder.


Le temps suspendu par des câbles d’acier
Fait une courbe tendue au dessus du vide.
Le temps suspendu par des piliers d’acier
S’avance au dessus de l’eau.
Au milieu, le vide.
Deux lignes de temps en points de suspension
Font une trace légère dans le ciel de juillet.

Elle a levé les yeux, dans sa robe légère
Et le temps qui passait dans le ciel s’est arrêté.
Le temps s’est appoché d’elle et s’est demandé :
“Pourquoi faire beau quand on peut faire rien?”

C’est un jour gris et bas. Un jour sans ciel.
Un jour d’automne venu tacher l’été.
L’automne en automne c’est déjà difficile,
Il faudrait interdire l’automne en été.

C’est un jour d’été gris et bas.
Les oiseaux se taisent, qu’on entende les corbeaux. 
C’est un jour humide et la pluie se retient de tomber : 
Le gris serait moins gris et il y aurait de l’été.
La pluie pourrait faire penser à l’orage,
La pluie pourrait prendre une couleur de l’été.
Alors, les gouttes s’accrochent et refusent de tomber.

C’est un temps pour attendre quand on n’aime pas attendre.
Un temps suspendu comme un pont suspendu.
L’été se retient et moi, j’attends juillet.

Je voudrais bien monter sur un glacier. Un glacier bleu, pas un glacier pourri.
Une langue de glace qui fond dans le ciel au bout du chemin.

Je voudrais bien monter sur un lac. Un lac perdu, pas un lac rempli.
Un lac qui coule dans le ciel au bord de l’inquiétude.

Je voudrais bien monter sur un arbre. Un arbre immense, pas un arbre serré.
Un arbre qui touche le dos du ciel et ratisse les nuages.

Je voudrais bien monter sur le soir. Un soir en flammes, pas un soir pâle.
Un soir qui fait couler le ciel jusqu’au fond de la nuit.

Je voudrais avec elle m’assoir au bord de l’eau du monde.
Regarder comme c’était beau.

Les hommes préfèrent les guerres

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3 extraits du livre

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