Le testament de Joe Stack.


Joe Stack était ingénieur en aéronautique. Américain. Le 18 février 2010. Il s’est envolé dans un avion de tourisme pour aller s’écraser contre un batiment du fisc, à Austin Texas.
Avant de partir, il avait incendié sa maison. Dans le message [English] laissé sur son site, que le FBI a bouclé depuis, Joe Stack explique son geste. C’est un texte long et détaillé. Joe Stack était ingénieur et il aime les faits. Parfois, il s’énerve aussi, mais c’est rare. Pour les anglophones, ce texte mérite le détour. Pour les francophones, voici une traduction française de la conclusion.

« Je sais bien que je ne suis pas le premier qui décide qu’il en vu assez. Que les gens aient cessé de mourir pour leur liberté dans ce pays [USA] est un mythe. Les gens continuent à mourir pour leur liberté et ce phénomène n’est pas limité aux noirs ou aux immigrants sans le sou. Je sais qu’avant moi il y a eu des morts innombrables et il y en aura encore beaucoup après moi. Mais je sais également que si je n’ajoute pas mon corps au nombre des victimes, j’aurai fait en sorte que rien ne change. J’ai choisi de ne pas continuer à regarder Big Brother par-dessus mon épaule pendant qu’il nettoie ma carcasse. J’ai choisi de ne pas ignorer ce qui se passe autour de moi. J’ai choisi de ne pas faire comme si les affaires n’allaient pas continuer. J’en ai juste eu assez.
Je peux seulement espérer que le nombre des victimes augmente rapidement au point de ne plus pouvoir être escamoté. Que les zombies américains se réveillent et se révoltent. Il faudra au moins ça. J’espère simplement qu’en atteignant le nerf qui déclenche automatiquement une réaction partiale de notre gouvernement, et crée invariablement d’autres restrictions encore plus draconiennes et absurdes, les gens se réveillent. Qu’ils voient enfin le vrai visage des voyous qui nous gouvernent et ceux de leurs laquais. C’est triste : j’ai passé ma vie à essayer de croire le contraire, mais je dois bien l’admettre : non seulement la violence est une réponse, mais la violence est la seule réponse. L’ironie de l’histoire, c’est que ces tas de merde qui nous gouvernent le savent depuis toujours. Depuis toujours ils se moquent et broient les imbéciles comme moi.
J’ai lu un jour que la définition de la folie était de répéter sans cesse la même action en espérant obtenir tout à coup un résultat différent. Je suis enfin prêt à arrêter toute cette folie. Alors, Mr Big Brother, Mr Fisc, cette fois-ci, on va essayer autre chose. Prend ma livre de chair et dors bien. »

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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