Les nouveaux SUV Mercedes.

(Énoncé d’une voix grave et pénétrée.)

Là où certains voient une tempête,
Il voit la vague parfaite.

Quand certains abandonnent,
Lui, trouve un nouveau souffle.

Là où d’autres restent bloqués,
Elle trouve un moyen de franchir les obstacles.

Pendant que certains suivent un chemin tout tracé,
Elle, elle vit des moments uniques.

Et quand d’autres arrivent au bout du chemin,
C’est là que commence l’aventure.

Là où certains voient un quatre quatre de légende,
Nous voyons une toute nouvelle génération de SUV.

Poursuivez l’aventure sur SUV mercedes point fr

Aller sur Mars

J’ai pas envie d’aller sur Mars.

Ni sur Vénus d’ailleurs, ou sur Proxima du Centaure ou n’importe autre planète rouge, rose ou jaune. Même pas sur une autre galaxie ou au fond d’un trou noir.

Je suis bien ici.

L’été, il fait trop chaud et ça me va. L’hiver, il fait trop froid, et ça me va aussi. Le printemps dure un jour, une semaine ou un mois et l’automne, n’en parlons pas.
En octobre dernier, j’étais en train de préparer un projet de loi pour supprimer l’automne et puis j’ai regardé dehors. L’air était trop clair. Le ciel était trop bleu. Des feuilles, trop rouges, tombaient sur l’asphalte, trop noir. Il faisait trop doux, je suis sorti. J’ai pris mon vélo. De l’autre côté du lac, une fine lame de brume sciait la base des montagnes. Libérées des dures lois de l’apesanteur, elles flottaient, arrimées au ciel, à quelques mètres du sol. Je me suis arrêté. J’ai calé mon vélo contre un mur en pierres sèches. Je me suis assis et j’ai attendu le moment où le monde suspendu atterrirait de nouveau. L’air était trop tiède, je me suis assoupi. À mon réveil, mes yeux éblouis ne virent que du bleu.

Depuis, j’aime l’automne, aussi.

L’herbe sèche. Les sarments qui brûlent. Le bruit de soie que fait l’eau qui ondule. La pluie mais pas trop. Le brouillard quand il se lève et les étoiles, la nuit. Toute la nuit et tout le jour aussi.
J’aime vivre ici. Sur cette boule ronde et bleue parcourue de nuages. Il y a de l’eau, de l’air et de la neige. Des jours à vivre et des gens à aimer. Des jours à mourir, aussi, je les prends. Des gens à détester, aussi, pourquoi pas. Les frères Mc Donald’s et les sœurs Brontë. La musique des anges et celle des ascenseurs. Bien sûr, il y a les serpents, là, je ne dis pas, j’aurais préféré un monde sans serpents, mais bon, il paraît qu’on fabrique des médicaments avec leur venin, alors, même les serpents, je veux bien, je veux tout si je dois, tout sauf une chose, tout sauf le pouvoir qui va avec le pognon.

Le pouvoir de dire et de faire n’importe quoi.

Ce pouvoir qu’utilisent un petit groupe de mâles internationaux soucieux de posséder le plus grand yacht, la plus grosse bombe ou la plus grosse bite, c’est pareil. Un groupe infime, au regard des 7 milliards que nous sommes et qui nous mène au pas de charge vers la fin de notre monde. Quand on leur demande pourquoi, ils répondent que le monde change, il y a la concurrence, le péril jaune vert ou bleu. Qu’il faut croître ou mourir. Marcher ou crever. Debout là-dedans, on n’a pas que ça à foutre, bande de feignants, pendant que Paris dort, le soleil ne se couche jamais sur l’empire du soleil levant. Alors, on se lève, on s’ébroue, on retrousse nos manches. On construit le nouveau plus grand yacht. On invente la nouvelle plus grosse bombe qui sera fabriquée dans la nouvelle plus grande gigafactory.
La méga-usine terminée envoie dans le ciel un méga-nuage de fumée qui s’ajoute à tous les autres nuages de fumée. Déjà brouillé, le ciel vire du gris clair au gris foncé et bientôt au noir. Bientôt il fera nuit jour et nuit et l’air sera irrespirable. Bientôt, il trop froid. Ou trop chaud.
Bientôt.
Mais plutôt que d’arrêter de construire des usines, les tristes élites du costume gris-anthracite font dessiner les plans de la nouvelle fusée pour aller sur Mars. Une jolie planète rouge équipée de tout le confort moderne avec cuisine, salle de bains et machine à laver encastrée. Et comme l’air martien est absolument irrespirable, on aura tous le droit de se promener en scaphandre spatial personnalisé.
Il n’y aura plus d’hiver. Plus d’été. Plus de serpents et plus de fleurs. Le vélo sera uniquement d’intérieur, comme la vie, toute la vie, aussi, la vie en boîte, en conserve; desséchée, lyophilisée, la vie sur Mars aura l’odeur du sable et la saveur de l’acier.

J’irai pas sur Mars.
Et qu’elle leur pète à la gueule, leur arche de Noé.