La véritable histoire de l’automne (23)

– Personne ne m’attend et je n’attends personne.

Elle se tenait droite dans le petit matin. Droite. Dieu pensa qu’elle devait être plus grande qu’Adam. Plus droite. Elle n’avait pas l’air surprise, non, elle n’avait pas l’air d’avoir peur, ni d’avoir faim ou froid. Elle était là, c’est tout. Solidement prise dans les plis flottants de son manteau. Dieu la regarda intensément. Elle ne faisait pas partie du plan et pourtant Il avait l’impression de l’avoir déjà vue, rencontrée quelque part, cette figure de proue aux cheveux d’argent. Quelque part, mais où et dans quel autre rêve ? Elle restait là en silence; elle n’avait pas d’autre question. Dieu reprit.

– Toi qui es sortie de mon rêve, il faudra que Je te trouve un nom… Rêve, ce serait un joli nom.

– Je ne suis pas un rêve. Autour des os, j’ai de la chair.

– Avec Ève, Je garderai un bout de rêve autour de tes os.  

– Et comment s’appelle cet homme qui m’attend ?

– Lui, c’est Adam, l’homme que J’ai façonné dans la glaise.

– Et moi, je suis quoi ?

– Toi tu es la première femme.

– Et quel est le lien avec Adam ?

– Vous êtes semblables et vous êtes différents.

– Dans mes rêves, il n’y a pas d’eau pour se mélanger à la terre.

– Dans la glaise Je vois le mouvement des corps immobiles.

– Moi je vois de la terre mélangée à de l’eau. Le soleil va bientôt se lever.

– Moi, Je vais retrouver tous les endroits du monde.  Adam va bientôt se réveiller.

Vus du ciel, les corps paysagent

Le contour net du lac noir s’étire, rebondit et se pince. Fait une pointe étirée vers le sommet de l’épaule où il se perd avant de redescendre en fin canal d’eau sombre qui traverse les reflets scintillants de sa peau irisée. Là,  juste à l’embouchure de l’épaule, le bras se perd et devient autre chose.

La rive nord du lac fait un arc-de-cercle. Elle se tend vers l’est pour former un cap pointu qui rejoint l’autre rive.

Vu du ciel, on dirait un étourneau en piqué vertical allongé par les forces liquides du vent.

Vue du ciel on dirait la double couronne d’un barrage appuyé au dos doré des montagnes. Vue du ciel, la ligne effilée de la bretelle allongée se perd juste au-dessus de l’épaule et se mélange aux ombres que tracent les muscles tordus de la nuque. Vu du ciel, le lac se ramifie en mille filaments d’eau grise qui suivent à la trace les mouvements de ses cheveux.

Vu du ciel, son visage brillant fait toute la course du soleil et se couche le soir tout au fond de ses bras.

Vus du ciel, les corps paysages font lever des aubes sur les matins d’été.

La véritable histoire de l’automne (22)

– Vous voudrez bien M’excuser pour ce geste déplacé. Je m’étais endormi, Je crois. Endormi, c’est ça. Quelle merveilleuse sensation. Endormi, Je me suis envolé au-dessus de Mon monde. Je l’ai regardé. Mon monde est si beau vu d’en-haut; J’étais tellement occupé à le construire que J’ai oublié de le regarder. J’étais tellement occupé à le modeler que J’ai oublié de le sentir.

Dieu ferma les yeux

– Le monde sent si bon. Pour la première fois, J’ai senti l’odeur du monde. Pour la première fois, Je me suis échappé, Je me suis abandonné. Je crois bien que j’ai… Rêvé ? Rêvé ! Vous vous rendez compte ? J’ai rêvé, le temps d’une fraction de seconde. J’ai rêvé, vous comprenez ?

– Je crois que nous n’avons pas été présentés.

– Je suis Dieu qui a créé le monde. Je suis le commencement et la fin, Celui qui était, qui est et Celui qui sera.

– Et celui qui rêve à ses moments perdus.

– Celui qui rêve à ses moments perdus… C’est vertigineux, vous ne trouvez pas ? S’il existe Dieu tel que Dieu rêve, alors Dieu est-il encore Dieu ? Et le monde rêvé de Dieu, fait-il partie du monde créé par Dieu ?

– Ce que je sais, c’est que mes pieds se refroidissent.

– Vous étiez suspendue au-dessus de l’eau.

– Je ne connais pas le goût de l’eau et sous mes pieds la terre est froide.

– Alors J’ordonne à la terre de se réchauffer.

– Et pourquoi ne pas inventer une paire de chaussures ?

– C’est vrai ! Je n’y avais pas pensé.

– Et pourquoi ne pas me prêter votre manteau ? Je n’ai que mes cheveux pour me protéger du froid.

Alors, Dieu mit un genou à terre. Il tira de sa poche un ciseau. Dans les plis de son manteau, Il découpa une large bande de tissu qu’il déposa bien à plat sur le sol. Il dessina à main levée le dos, le devant et le tracé du col. Les manches qu’Il fit assez longues pour mieux pouvoir les redoubler. Il dessina aussi des poches profondes pour permettre aux mains de bien se réchauffer. Ensuite, Il découpa l’étoffe et faufila à la hâte avec du fil grossier. Il fit un premier essayage. Recoupa ici et retailla là. Pinça au niveau de la taille. Ajusta la hauteur de l’ourlet. Ajouta un peu de fourrure au bord de l’encolure et sur les parements, une bande de velours. Ensuite, Il se mit à coudre au fil double et doré, le devant avec le dos, entre les deux les trous des manches, au milieu la doublure… Dieu tirait la langue et cousait lentement.

A la fin, Il tendit à bout de bras le manteau terminé et la couvrit délicatement. Il referma les deux pans en portefeuille mais les deux pans s’ouvrirent aussitôt. Alors, Dieu eut l’idée de la boucle, d’une rangée de trous percés dans une ceinture qu’Il découpa aussitôt. Il ferma à nouveau les deux pans du manteau, fit passer la ceinture autour de la taille et resserra juste ce qu’il faut. Enfin, Il engagea l’ardillon dans le trou qui se trouvait au centre de la boucle.

– Vous avez de bonnes mains. Des mains habiles et qui savent travailler. Mais je vous rends votre manteau. 

– Laissez-moi au  moins prendre la mesure de vos pieds.

– Vous n’aurez pas besoin de me tailler des chaussures. Mes pieds nus aimeront sentir la fraîcheur de la terre.

– Le jour se lève et bientôt la terre se réchauffera.

– Mes pieds nus aimeront la brûlure de la terre.

Derrière eux, endormi et toujours couché sur le sol, Adam émit un faible grognement. Dieu se retourna.

– J’avais oublié : voici un homme, Adam. Je crois que c’est vous qu’il attend.

Combien de temps mes jambes

Combien de pas en stock dans les faisceaux de muscles usés qui soulèvent mes jambes ?

Mille ? Dix mille ? Cent mille ? Un million ?

Combien de fois encore mon pied gauche pourra-t-il dépasser mon pied droit ? Pour combien de foulées souples ou fracassées par le temps ? Combien de nuits pour arriver au premier jour de l’immobilité ?
À quel moment disparaît l’envie têtue de se lever, de se lancer dans le vide d’un autre matin ?

Combien de temps encore avant que mes jambes refusent de me porter ?

Il faudrait pouvoir aimer le détail de chaque pas. Adorer ce moment de la course où les deux pieds s’envolent, garder comme un trésor le souvenir d’une foulée à-demi étouffée par le poids de la neige, se souvenir des sillons bleus tracés au front froid des montagnes, des traces noires découpées sur la crête des dunes rougies au soleil. Des courses éperdues pour échapper à la lune, des courses perdues d’avance, des courses folles des sandales de l’enfance, de ce miracle reproduit sans cesse : faire un pas et encore un pas, arpenter le hasard des rues de la ville, prendre à gauche ou à droite, décider de suivre un manteau vert ou gris, se perdre, décider de traverser le rideau de la nuit, mettre un pied devant l’autre.  S’en aller.

Et surtout, envers et contre tout, marcher léger sous le soleil. Un imperméable n’empêchera pas la pluie d’arriver.

La véritable origine de l’automne (21)

Ce merveilleux visage était en colère, en furie et en rade; des éclairs noirs dans les yeux noirs, la bouche à court de souffle et étouffée par un caillot de rage.

– Dites, ça vous prend souvent ?

– ???

– Oui, ça vous arrive souvent de mettre votre main dans le décolleté des filles ?

Dieu regarda tout autour de lui. L’aube n’avait pas changé de couleur. La terre n’avait pas changé d’odeur. Pas de note nouvelle dans les  premiers chants des oiseaux. Un matin comme les autres et comme tous les six autres matins.
Tout était normal et plus rien ne l’était.
Dieu était à nouveau Dieu. Déployé jusqu’aux derniers confins du monde, omniprésent, omniscient et créateur de toutes choses. Mais il y avait du nouveau, de l’inédit. Quelque chose s’était produit à la surface de la terre, quelque chose d’inouï et de jamais vu jusque-là : la naissance d’une créature nouvelle qui n’était pas le fait de Dieu.

La véritable origine de l’automne (20)

Adam avait fini par s’endormir.

Assis à ses côtés, Dieu, qui n’avait pas de fin ni de commencement, Dieu qui était réveillé depuis la nuit des temps, Dieu infatigable et à jamais dur au mal, Dieu fut, pour la première fois, victime d’une méchante attaque de paupières. Il sentit monter en Lui le va-et-vient gourd d’une houle régulière. Le flux et le reflux tranquille d’une vague hypnotique, une vague à deux temps : en haut, en bas; à l’envers, à l’endroit. Systole. Diastole. Au fond de l’horizon, les couleurs floues de l’aurore remontaient lentement le long des fils de la résille dorée des étoiles. Un pied sur le rebord de l’aube, le jour hésitait encore à s’avancer dans le noir. Alors, lové dans les bras lourds du monde, recroquevillé dans le dernier recoin sombre de la nuit, pour la toute première fois de Son existence divine, Dieu s’endormit.

Le temps d’une fraction de seconde et d’une éternité et Dieu avait quitté le monde qu’Il avait créé: Il avait abandonné Adam allongé sur le sol, la nuit pâle et le jour qui allait se lever. Derrière Ses paupières closes, Dieu vit se lever un autre soleil, dans un autre bleu du ciel. Il volait à l’horizontale  sur les étendues d’une mer immense, au-dessus des lignes métalliques formées par des rangées de vagues parallèles qui s’avançaient en ordre de bataille vers la ligne du front rêvé de l’océan. Relevant la tête, Dieu aperçut au loin les contours imprécis d’une ombre portée sur la surface de l’eau. Quelque chose flottait quelque part, au fond de l’horizon. Une altération infime de la densité de l’air qui semblait à la fois réfléchir et absorber les rayons du soleil. Dieu donna dans l’air un coup de pied vigoureux qui Le propulsa à la vitesse de la lumière en direction de l’objet inconnu. Il se mit parfaitement à l’horizontale, les bras le long du corps, la tête rentrée dans les épaules. Il gagna encore un peu de vitesse et petit à petit, ce point infime et flou se mit à grandir dans son champ de vision. On aurait dit un voile, non, on aurait dit qu’à cet endroit précis, le ciel faisait des plis, ou plutôt formait un ruisseau qui coulait en direction de la mer. S’approchant encore, Dieu comprit qu’il s’agissait d’un nuage, un nuage souple et délié qui s’enroulait sur les contours flexibles d’une forme fluide. On aurait dit des cheveux, une très  longue chevelure parcourue de boucles lourdes aux reflets d’argent. Dieu accéléra encore, Il était tout proche, Il tendit la main, encore quelques centimètres et Son index tendu ressentit la caresse d’une matière inconnue. Quelque chose d’infiniment troublant, qui tenait à la fois de la brise, de la soie et des grains de sable jaune qui coulent entre les doigts. Lorsque Sa main eut traversé ce premier rideau, elle entra en contact avec un globe rond lisse et chaud. Au milieu elle rencontra un bouton, qui se dressa aussitôt. Un cri aigu déchira les airs et un poing rageur s’abattit du ciel

Dieu fit un saut de carpe et retomba durement sur le sol. À côté de Lui, Adam était toujours endormi. Dieu s’assit avec difficulté. Le jour était bien là mais Sa tête était remplie d’étoiles. Sa mâchoire semblait s’être déboîtée et Sa joue droite était en feu.

– GOUJAT !

Dieu sursauta violemment. Il sauta sur Ses jambes et fit volte-face, jambes tendues et poings serrés pour découvrir avec stupeur, posée là sur ce sol froid, la réplique exacte de la forme apparue dans son rêve.  Les mêmes cheveux, ou peut-être étaient-ce de longs fils de soie. Dieu se frotta les yeux. Il les ferma. Il les ouvrit à nouveau.

Il avait toujours debout devant lui, immobile et drapé dans un voile taillé dans un morceau de brouillard, ce corps étrange surmonté d’un visage que même les mains de Dieu n’auraient pas su sculpter.

La véritable origine de l’automne (19)

Le regard en flottaison sur la ligne floue de l’horizon, Dieu parut réfléchir intensément.

– Mais c’est vrai, Adam tu as raison : la solitude n’est pas une solution. La lionne vit avec le lion et toi tu cherches en vain quelqu’un qui te ressemble,  une personne qui t’écoute et  te parle, une épaule où tu puisses déposer tes armes, une âme sœur qui…

– … mais décidément tu dérailles ! D’abord tu me proposes un compagnon. Maintenant une sœur. Et après ce sera quoi ? Ma mère ? En string ?

– Adam ! Je t’en prie ! Je te parle d’une âme !

– Ah oui ? Et tu as déjà essayé de niquer une âme ?

– Adam reprends-toi, s’il te plait !

– Non je me reprendrai pas !  Tu es là à me bassiner avec tes histoires, tes hypothèses à deux balles et tes doutes métaphysiques. Mais bon, il faudrait savoir à la fin ! Tu es Dieu oui ou quoi ? C’est quand même toi qui as créé tout ce bazar rien qu’avec tes petites mains, tu me l’as dit cent fois !  Alors merde, c’est quand même pas bien compliqué. Ouvre ton grand livre de recettes à la page « Adam ». Regarde ce qui est écrit en face. Tu sais lire, non ? Alors, vas-y, qu’est-ce que tu attends ?

– En vérité, Je te l’ai déjà dit : Adam tu es dangereux. Aussi, il est absolument hors de question que tu te reproduises.

Dieu plongea une main dans l’immensité de la poche droite de son manteau. Il en retira une petite boîte en carton qu’il ouvrit avec précaution.  Il prit à l’intérieur un carré de plastique blanc qu’il ouvrit délicatement pour en extraire un disque translucide et gras, en tout point pareil à celui qu’il avait déroulé le long de son doigt.

– Adam, Je te remets cette boîte. Tu dois Me promettre qu’à chaque fois que tu seras sur le point de t’engager dans l’œuvre de chair, tu recouvriras ton membre de cette membrane que J’ai taillée à ta mesure. Et quand tu seras entièrement recouvert, tu n’oublieras pas de bien appuyer sur le petit réservoir situé à son extrémité. Chaque fois. CHAQUE FOIS, TU M’ENTENDS ?

– Je te reçois cinq sur cinq mon commandant.

– Adam, c’est très important. Il faut que tu t’engages solennellement, ici et maintenant. Jure devant Dieu que tu n’oublieras jamais.

– Je le jure !

– À toute heure du jour et de la nuit ?

– Je le jure !

– En toutes circonstances ?

– Je le jure !

– Au réveil et au coucher ?

– OUI, OUI,  À MIDI ET À MINUIT. JE PROMETS. JE LE JURE. JURÉ. CRACHÉ. PROMIS. CROIX DE BOIS, CROIX DE FER. Est-ce que ça va maintenant ? On peut passer à l’étape suivante ? Ou tu veux encore que je signe avec mon sang ?

– Pas de sang, Adam, pas de sang et surtout, pas de croix. Bien. Je crois que nous sommes d’accord. Je vais voir ce que Je peux faire.

– Exactement ton commandeur ! Regarde que tu peux faire. Et sans vouloir te commander, ça m’arrangerait si tu pouvais un peu te les agiter, ta grandeur. Ces nuits d’été font rien qu’à m’embraser.

La véritable origine de l’automne (18)

Immobile et un peu voûté sur les contours incertains de l’aube, Dieu fut parcouru d’un long frisson.

– Ce que Je compte faire ? Adam, Je ne sais pas. Pour la première fois, Je ne sais pas. Lorsque J’ai créé le monde, Je ne voulais pas d’un jardin tiré au cordeau. Je voulais de la vie, des lianes, des arbres immenses qui se déploient jusqu’au ciel. Je voulais des montagnes pour éclater l’eau des cascades. Des vagues pour déchirer la mer étale. Je voulais de la vie, du bruit et du vent. Des escargots qui avancent à la vitesse de l’escargot. Des aigles qui plongent du ciel à la vitesse de la lumière. Entre les deux, J’ai placé le bond de l’antilope. J’ai découpé sur la neige la ligne pointillée que tracent les deux pointes noires des oreilles du lièvre. Juste derrière, j’ai dessiné l’ombre de l’aigle. Les empreintes en zigzag jusqu’aux traces de sang. À la fin, l’aigle emporte le lièvre. Le vent emporte l’aigle et la nuit emporte le vent. À la fin, tout s’arrête. À la fin tout recommence enfin.

– À la fin, tout recommence! Vaut mieux entendre ça que de s’appeler Beethoven. Sérieusement, Dieu tu déconnes. À la fin, c’est la fin, The End, tu vois?

– La fin, c’est le commencement d’autre chose. Seulement, toi, tu es différent. Tu regardes le ciel et tu voudrais voler. Tu regardes la mer et tu voudrais nager. Quand tu as froid, tu voudrais réchauffer la terre. Quand tu as chaud, tu voudrais refroidir la terre. Tu voudrais changer le goût de l’eau. Tu voudrais retirer le sel de la mer. Tu voudrais des fruits nouveaux.

– Ah ça oui ! D’ailleurs, je voulais t’en parler. J’ai vu des grappes dans les vignes, alors, les grains, je les ai goûtés. Juste pour voir. Eh bien, laisse-moi te dire que ça m’a carrément arraché la gueule.

– Le raisin ne murit pas en été.

– T’es un peu con quand même. Alors ça sert à quoi le raisin, hein ? À faire vomir les moineaux ? Tu veux tuer les oiseaux ?

– Je ne veux tuer personne. Toi, tu tuerais bien tous les oiseaux pour te fabriquer des ailes. Tu éventrerais tous les poissons pour que tu puisses nager au fond des océans. Tes deux jambes ne te suffisent pas. Tu voudrais mille bras. Tu voudrais être ici et tu voudrais être ailleurs. Tu voudrais être partout à la fois. En vérité je te le dis, Adam, tu es seul et tu es dangereux. Et c’est bien là tout le problème.