Sur la face nord de Paris

Il y a « Pris » dans Paris.
Dans Paris il y a « Pars ! »
Il y a « Parti » dans Paris.
Parti-pas-pris.
Paris sans laisser d’adresse.

Dans Paris il y a la mer,
Les pavés qu’on arrache à la terre,
Et des automobiles.
Des automobiles
Qui roulent sur les bords du crépuscule,
Le long des routes parallèles.

Paris allongée sur les draps
D’un lit défait.
Paris prise dans la résille
Des pots d’échappement
Que les voitures exhalent
Pour voiler la couleur de l’été.

Le métro passe et les murs tremblent,
Deux orages dans l’air
Les gouttes sifflent sur les rails brûlants.
Ça sent le fer, ça sent la mer.
Ça sent le couscous et la bière.
Toutes les odeurs du monde
Se rejoignent ici,
Entre le ciel gris et la terre,
Sur cette face nord de Paris.

Il y a « Partie » dans Paris.
Allongée sur le dos,
Je reste.

En attendant la nuit.

Ceci n’est pas un anniversaire

Douze mois ne font pas une année
Douze mois font un siècle ou une éternité
Douze mois sont nés hier
Douze mois sont encore aujourd’hui

Quatre saisons emmêlées
La neige tombe en été
Le printemps tombe en hiver
Je tombe sur le verglas du joli mois de mai.

Douze mois depuis le retour de l’été.
Ceci n’est pas un anniversaire.

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