L’âge d’octobre

Ce premier jour d’octobre nous rappelle que tout a une fin, à commencer par nous.

Les feuilles tombent et nos cheveux se ramassent à la pelle. Bientôt nos dents se déchausseront. Nos bras inertes pendront le long de nos jambes. Au bout de nos mains inutiles nos doigts rigides essaieront de se refermer en vain. Fatigués d’attendre, nos yeux regarderont dans le vague en n’attendant plus rien. De nos bouches il ne sortira aucun son, juste un le cri béant et immobile du nageur épuisé qui aspire une dernière goulée d’air avant d’être avalé par la mer.

Nos nuits sans sommeil sentiront la cuisine. Assis derrière nos fenêtres, nous regarderons tous les jours se lever sans nous. Nos aubes auront la couleur du néon et midi donnera l’heure du repas du soir.

Ensuite il faudra se coucher et quand la nuit reviendra, elle aura une odeur de cuisine.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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