Midi-crépuscule

Tous les couloirs baignent dans une bouillie de lumière verte qui brouille le tracé des points jaunes inscrits sur le sol. Sur le tableau aux noms compliqués, les étages s’allument les uns après les autres. Dans la chambre il fait chaud. J’ouvre la fenêtre. La lumière tape dur sur le front des montagnes, mais ici midi s’écrit déjà à l’heure crépusculaire.

Je suis le fil de la route taillée entre deux murs de pierre jusqu’à la boîte aux lettres, la place à l’ombre et la maison. C’est toujours le même paysage, les routes, le barrage et la grande saignée blanche qui déchire la forêt. L’abat-jour en tissu. Les lames de bois noir accrochées aux murs, la plinthe large et le faux parquet. Mais sur le lit pend une potence et les rideaux ont délavé midi.

Midi d’été qu’on plante au mitan de l’hiver.
Midi opaque.
Midi noir ou incandescent.
Midi putride et couvert de boutons. Midi-radeau. Midi-banquise. Midi au-dessus d’un volcan. Midi, ombre verticale sur les plis de nos ambres solaires pendant que tous les océans coulent au fond de nos corps crépusculaires.

Yimkin Law – Racha Rizk, Khaled Muzanar.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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