NOS NUITS DÉCAPOTABLES

Habillées de lumière et d’un carré de soie,
Tes jambes nues luisaient au fond de l’habitacle.
Tes mains sur le volant frissonnaient quelquefois
Dans les parfums boisés de l’air décapotable.

Or
Bleu
Vert
De gris

Tu
Prends
Les couleurs
De la nuit

Un voile de crépuscule attaché dans le dos,
Tu traçais un sillon dans le halo des phares.
Un pan de soie liquide enroulé sur ta peau
Inscrivait un frisson sur nos points de départ.

La route qui s’accrochait aux flancs nus des rochers
Nous emmenait plus loin au fond de la vallée,
Ton profil éclairé aux diodes lumineuses
Et les ombres pressées sur tes jambes nerveuses.

 

Nous roulions dans le soir
De ta décapotable,
Dans les plis d’un foulard
Retenu au hasard.

Nous inventions les jeux
De nos nuits carrossables
Au fond du ventre creux
De ta décapotable.

 

Herbe était la couleur
De ton corps paysage
Et blonde était l’odeur
Du vent sur ton  visage.

Herbe était la douceur
De ce soir paysage.
D’été était l’odeur
Du ciel sur ton visage.

Nos deux corps étendus
Sous le ciel paysage,
Mes mains sur ton dos nu
Dans le creux des nuages.

 

Nous étions suspendus à la fin de l’été,
À la route, à la nuit, au bord du temps qui fuit,
À un carré d’étoffe qui voulait s’envoler,
Malgré ce nœud fragile qui ne veut pas céder

Glisse
Joue
Avec
Tes seins

Vole
Court
Entre
Tes mains

Nous roulâmes ainsi jusqu’au petit matin.
Le soleil sur le lac découpait des rivières,
Semait sur tes épaules un champ de taches claires
Qui s’envolaient légères sur les bords du chemin.

Habillée de lumière et d’un carré de soie,
Tu coupas le contact, sortis de l’habitacle.
Je vis ta jambe nue et un escarpin noir
S’inscrire dans le reflet de ta décapotable.

 

Nous roulions dans le soir
De ta décapotable,
Dans les plis d’un foulard
Retenu au hasard.

Nous inventions les jeux
De nos nuits carrossables
Au fond du ventre creux
De ta décapotable.

 

Herbe était la couleur
De ton corps paysage
Et blonde était l’odeur
Du vent sur ton  visage.

Herbe était la douceur
De ce soir paysage
D’été était l’odeur
Du ciel sur ton visage.

Nos deux corps allongés
Sous le ciel paysage,
Le songe d’une nuit d’été
Et d’un ciel sans nuages.

 

 

 

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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