Rêves-mayonnaise

Notre imaginaire est rempli de mayonnaise.

Nos inconscients sont nourris de longs fils de mozzarella fumante et de sauce tomate rouge fluo. Une tranche de viande hachée dorée au pistolet s’immisce dans nos archétypes, s’impose comme le standard, la tranche-étalon, parfumée au bacon.
Et le chocolat, sombre, épais, plastique, le chocolat coule sur un lit de crème blanche, que la cuillère mélange dans une spirale parfaite.
Pas une tache.
Pas un grumeau qui dépasse.
C’est le yaourt que nous ne mangerons jamais, la chemise sans pli, le matin sans réveil et les enfants sans pipi.

La nuit, nous rêvons de corps irréels, de Barbies aux jambes infinies, de Kens blonds et caramélisés. On a épilé à la cire le ciel de nos paysages, décollé la brume, effacé les nuages. Il fait toujours beau sur nos photos. La mer est tiède et le sable chaud.
Personne sur la plage.
Absolument personne.
Il est cinq heures.
Tout le monde dort.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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