Discours de Donald Trump à l’occasion de l’anniversaire du 49ème Forum Économique de Davos

Je sais. Je vous ai manqué.

L’année passée, je devais sauver le monde. Maintenant que le monde est sauvé, je reviens, je suis là.
Je suis l’élu. L’ÉLU, vous m’entendez ! Dieu m’a choisi pour que Sa volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Sur la terre et surtout sous la terre, là où on trouve du pétrole et toutes sortes de choses qu’on peut vendre et acheter. Vendre. Acheter. Mais surtout pas payer. Vous le savez mieux que personne, le secret de la richesse, c’est de jamais payer.

Jamais.

C’est pour ça que j’ai commencé par vos impôts, très chers amis. Les impôts, on se demande bien qui a inventé ça. Comment voulez-vous qu’on s’enrichisse si la moitié de notre fric part aux impôts ? Non, en vérité, je vous le dis, nous n’avons pas d’impôts à payer, nous les plus fortunés. Nous avons déjà tant souffert pour construire notre fortune à la force de nos poignets. Une goutte de sueur. Un billet. Une goutte de sueur. Un billet. Moi qui suis parti de rien, je peux vous dire, aujourd’hui je suis riche et je suis épuisé. Alors, les impôts, vous comprenez, il faut les réserver pour tous les paresseux qui vivent à nos crochets. Toute cette population qui croit qu’il suffit de travailler 10 heures par jour pour réussir dans la vie. 10 heures par jour, moins les pauses, moins les repas, moins les toilettes, moins les cigarettes, moins le temps passé à regarder le sport sur internet, vous voulez que je vous dise, si on calcule le temps EFFECTIF de travail, on n’arrive à rien, ZÉRO ! Et même, dans certains cas, on arrive à MOINS ZÉRO ! Alors, c’est normal que tous ces glandeurs payés à rien foutre contribuent au moins à la grandeur de notre grande nation.
Moi, c’est bien simple, je travaille TOUT LE TEMPS. Ils disent que je joue au golf, mais je TRAVAILLE. Ils disent que je regarde la télévision, mais je TRAVAILLE. Aux toilettes, je travaille. Quand je dors, je travaille. D’ailleurs, moi je ne dors jamais. JAMAIS !

OK. Plus d’impôts.

Ensuite, qu’est ce que je pouvais faire pour qu’on gagne plus d’argent ? J’ai pensé à la bourse et tout de suite j’ai eu une idée de génie, de GÉNIE ! J’ai descendu un général en Iran. Résultat : catastrophe, chaos, apocalypse et troisième guerre mondiale à portée de fusil. Mais surtout, surtout, PLUS DE PÉTROLE. Tout de suite, le gasoil flambe et nos actions avec. En une seconde, on a gagné des milliards et j’ai revalorisé tous nos stocks de pétrole pourri qu’on produit en fracturant le sous-sol. D’une pierre deux coups.
Bon pour moi. Bon pour l’Amérique. Bon pour vous.
Ensuite, je revends nos actions, je dis que c’était pour rire, les Iraniens sont cool et moi, l’Élu, je veux que tous les peuples de la terre vivent en paix pour les siècles des siècles.
Amen.

Mes tweets, aussi, vous aurez remarqué, mes tweets marchent le feu de Dieu. Un matin je me réveille et je me dis : tiens, si j’attaquais la Chine. Ni une ni deux je dis allez, on attaque la Chine. Des sanctions. Des taxes. 20, 30 % sur tous les produits chinois. Et quand MOI, LE PRÉSIDENT des États-Unis d’Amérique, que Dieu les bénisse, je dis cette petite phrase, c’est comme une explosion nucléaire de cent mille mégatonnes. Internet explose. La bourse saute. À la fin, toujours pareil, dans mon infinie sagesse je trouve un accord avec nos amis chinois et nous, en investisseurs avisés, on touche le jackpot.
Au début, j’en voulais pas de ce boulot, mais maintenant, je veux plus jamais faire autre chose. Président. PRÉSIDENT À VIE, vous m’entendez ! Je ne connais aucun autre job où en une seconde tu peux te faire 1 milliard, 10 milliards, mille milliards. Même pas besoin d’être bon. Suffit d’appuyer sur le bouton « Envoyer » pour faire payer le monde entier.

J’ai donc décidé de changer la constitution.

2 mandats, c’est ridicule. L’autre soir on a mangé ensemble avec Poutine. Un type bien ce Poutine. Moins riche que moi mais bien. On était au dessert et Vlad me dit : pourquoi tu te nommerais pas président à vie ? Je lui dis comment ça ? Il me dit : c’est facile, il suffit de supprimer tous ces bouffons. On organise un sommet chez moi pour évoquer la situation au Moyen-Orient et développer les relations bilatérales, toujours bon, ça, les relations bilatérales. Une visite de trois jours. Pendant qu’on passe en revue les troupes sur la place rouge, une bombe fait exploser Washington. J’ai en stock du matériel dégriffé. On dira que c’est encore un coup des islamistes. Tu décrètes l’état d’urgence. Ensuite, couvre-feu, loi martiale, plus de congrès, plus de sénat. Il ne reste plus que toi.
Un type bien ce Vladimir. Créatif. Presque aussi bon que moi.
Alors, petit conseil entre amis, chers amis. Si, dans un avenir proche, vous apprenez que votre président va se rendre en Russie, prenez quelques jours de vacances. Il y a des moments dans la vie où il faut savoir s’arrêter. Quelques jours ou quelques semaines, le temps de faire le vide et de décompresser.

Le temps qu’on retrouve les terroristes et qu’on les fasse fusilier.

Au cas où ça intéresserait quelqu’un, le thème de la 49ème édition du Forum de Davos s’intitule : « La mondialisation 4.0: façonner une architecture mondiale à l’ère de la quatrième révolution industrielle ». À vos souhaits.

Supplique du 48ème Forum Économique de Davos à Donald Trump

Au  45ème Président des États-Unis d’Amérique,
Cher Monsieur Trump,
Bien-aimé Donald,

Jusqu’au bout nous avons espéré Ta venue, mais hélas un sort contraire en a décidé autrement.
Nous sommes en pleurs et dévastés.
Ta chambre, que nous avions nettoyée et désinfectée avec soin, Ta chambre restera inoccupée et personne ne souillera Ton lit sacré. Il en sera ainsi jusqu’à Ton retour car nous savons bien que Tu reviendras.

L’année dernière, T’en souviens-Tu, nous faisions semblant de Créer un Futur Commun dans un Monde Fracturé*, et ça T’avait bien fait rigoler. Vous êtes vraiment trop cons, disais-Tu, Je vais vous expliquer. En vérité, la fracture est bonne. La fracture est belle. Elle est essentielle. Il faut aimer la fracture, l’élargir, l’approfondir. Une belle grosse fracture entre nous, les riches et eux, les gueux. Un Grand Canyon électrifié. Nous en-haut et eux en-bas.
Et au-dessus, un beau mur.

Tes mots ont porté, Cher Donald. Tu nous as libérés. Délivrés du bâillon des périphrases, du jargon lyophilisé et des euphémismes customisés pour éviter d’appeler un chat une chatte et un économiquement faible un pauv’ clodo.

Ah putain, que ça nous a fait du bien.

Depuis Toi, le monde s’est simplifié.
Les gonzesses sont juste bonnes à tirer. Il faut enfermer tous les pédés, les bi, les trans, les bronzés, les bridés, tout ce qui n’est pas blanc, caucasien et républicain. Il n’y a pas assez d’eau dans tous ces océans et tous ces murs de neige ne font qu’à refroidir la terre, que Dieu a créée en 7 jours avec le Big Mac pour tuer le cancer.

Cher Donald, Tu es et Tu resteras toujours le meilleur d’entre nous, le plus Grand, le Parrain. Le premier à nous avoir envoyé une invitation officielle pour assister à l’ouverture de la salle des coffres en présence des plus hautes autorités. Le premier à nous avoir donné les clés avant d’amener les camions pour emporter le butin, sous la protection du beau drapeau américain.

Avant Toi, nous vivions sous la menace de la loi.
Maintenant, la loi, c’est Toi.
Alors, reviens-nous très vite Donald. Nous sommes si peu et il reste tant de minerai à extraire, tant de gaz à fracturer. Tant de filles à attraper et tant de fric à détourner.

Nous n’y arriverons jamais, sans Toi.

Ton très dévoué Forum

*En 2018, « A Shared Future in a Fractured World » était le thème official du Forum Économique de Davos.

Discours de Donald Trump à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du 47ème Forum Économique de Davos

Mes très chers amis.

Je voudrais tout d’abord remercier les autorités suédoises et plus particulièrement leur président pour leur accueil chaleureux. Davos est un très beau village et la Suède est un très beau pays. La neige est magnifique, mais pour les filles, je dois dire que je suis déçu. Je m’étais documenté avant de partir et je m’attendais à des grandes blondes. Avec des grands yeux bleus, des gros seins et des culs musclés que j’aurais pu attraper à deux mains.
Elles sont toutes folles de moi.
Toutes.
La Suédoise m’a déçu. Publicité mensongère. Je me demande si je ne vais pas appuyer sur mon gros bouton. Envoyer deux ou trois missiles dans la face de la Suède. Histoire de leur faire passer le goût des fake news.
Mais non. Je déconne !
La Suède est un pays neutre, de toutes façons. C’est même eux qui ont inventé la Croix-Rouge. Et le couteau suisse ! Moi qui croyais qu’ils avaient inventé IKEA. On apprend toujours quelque chose en voyageant. Enfin, ce que je sais pour sûr, c’est que la Suède, c’est le pays des banques et que Davos, c’est le rendez-vous du pognon.

Vous pouvez pas savoir à quel point j’en chie depuis une année. J’ai dû déménager dans une baraque minable où il fait toujours froid. La bouffe est dégueulasse. Le personnel de maison est nul et mes collaborateurs sont des cons. Si je pars à l’étranger, je ne rencontre que des bouffons. Alors, laissez-moi vous dire combien je suis heureux de vous retrouver ici, mes chers amis fortunés ! Comme ça fait du bien de se retrouver entre gens du monde qui se lavent les mains et qui sentent bon.
Ah putain, comme vous m’avez manqué.
C’est tellement plus simple, entre riches, tellement plus naturel. Nous, on se dit les choses, on appelle un chat une chatte. Ah putain, le foin qu’ils ont fait avec l’histoire de la chatte ! Ah les gros cons. Comme s’ils ne savaient pas qu’ici c’est marqué Donald John Trump. THE DONALD. The Donald nique qui il veut. Où il veut. Quand il veut. Pas besoin de vous l’expliquer à vous, hein, n’est-ce pas Bill ?

Au premier rang Bill Gates acquiesce vigoureusement.

Ah putain, Bill, toi tu me comprends. Et toi aussi Bono et vous tous, je sais que vous me comprenez. Il faudrait un mur. Un grand mur électrifié. Nous d’un côté et tous les pauvres nazes de l’autre. Pour qu’ils continuent à être pauvres, on les fera travailler. Douze à quinze heure par jour, y compris le dimanche. De temps en temps, on leur balancera à boire et à bouffer. Et aussi, on leur mettra la télé. Notre télé. Des vrais programmes avec des grosses bagnoles, des flingues et des filles à poil pour présenter la Roue de la Fortune. Qu’ils puissent rêver, les cons ! Les pauvres sont tellement cons, c’est bien pour ça qu’ils sont pauvres non ?

L’assistance éclate de rire et applaudit vigoureusement.

Voilà tout mon programme économique, mes chers amis : un mur.
Un mur infranchissable qui se dressera entre nous et le reste du monde. Un mur. Ça vous dit rien, un mur ? Ils sont tous persuadés que j’ai le Q.I. d’une huitre. Tous ! Les journalistes, le sénat, le congrès, mon staff, Angela et Clinton la bouffonne. Ah, les cons. Ils en feront une tête quand ils comprendront. Je vais construire le plus long mur du monde. J’ai déjà choisi l’endroit. Vous verrez, on sera très bien à l’intérieur, on sera à l’aise, entre nous, dix ou douze mille maximum, sur un terrain qui fait à peu près la taille de la Californie. Pour les plans, faites-moi confiance, j’ai prévu large, c’est pas les voisins qui vont vous emmerder. On appellera ça le Trump Empire, le Trump Empire ça claque non ? J’ai tout prévu, tout calculé, vous savez bien que je suis aussi l’empereur de l’immobilier. Tout. Sauf le mur. J’étais pas sûr de la hauteur. Et aussi quel matériau utiliser, un truc qui glisse bien, vous voyez, pour que les pauvres puissent pas grimper.
C’est au début de la campagne électorale que j’ai eu l’idée. Ah les cons, s’ils savaient ! Une maquette ! Un prototype grandeur nature où je pourrai tester mon mur en vrai. Il fallait juste trouver l’ennemi et vous savez quoi ? L’ennemi était là ! Il était paresseux, basané et bourré à la tequila. En plus il ne parlait même pas notre langue. Avouez qu’on ne trouve pas mieux comme ennemi. L’idée du siècle ! Et c’est moi qui l’ai eue. Tu mets les méchants d’un côté. De l’autre, les gentils. Au milieu, tu construis un mur et tout le monde est content ! Restait la question du pognon. Et là, jackpot ! Les impôts, mes bons amis. Trop facile. J’augmente les impôts des pauvres. Ils râlent, et alors ? Peuvent bien râler, les pauvres, ils n’ont même pas de quoi se payer un avocat. Donc, ils envoient l’oseille, bien gentiment, et tout ce fric dégringole d’un seul coup dans la caisse de l’État. Et vous savez quoi ? l’État, c’est moi !
Donc, sur la base des premiers tests effectués avec le pognon de « l’État »…

Nouveaux éclats de rire dans l’assemblée.

… Je suis en mesure de vous dire que mon mur, notre mur, sera entièrement construit en verre. Des panneaux de verre blindé, à l’épreuve des cailloux et des balles. Pourquoi le verre ? Essayez un peu d’escalader une paroi en verre ! Et surtout, surtout ! Le verre, c’est transparent. C’est important, transparent. Pourquoi ? Parce que Trump Empire, ce sera l’hyper-classe. De l’or, du vrai, des jets d’eau, des fontaines en marbre… Ça va claquer je vous dis pas. Et autour, vous imaginez que j’irais installer une clôture en fil de fer barbelé ? Comme pour un camp de prisonniers ? D’abord, les prisonniers c’est eux et mon mur, ce sera exactement le contraire. Ce sera un mur invisible et ils viendront tous s’y écraser comme des mouches contre une vitre.
Ah, les cons.
Et vous savez quoi ? J’ai même déjà trouvé un nom : pour vous, et pour le monde entier, ce sera le Mur de la Liberté.

Standing ovation. Cris de joie et délire dans la salle, pendant que quelques hôtesses qu’on dirait suédoises s’approchent discrètement des premiers rangs pour remplir le carnet de commandes.