Quand arriva le froid

Rien d’autre que le bleu du ciel.
Bleu pur. Bleu métallique. Bleu électrique, intense, profond et long. Bleu intact.
Suspendue entre le bleu des montagnes et l’argent du lac une ligne blanche et flottante. La brume que l’eau exhale et qui porte les montagnes sur ses épaules. Cette ligne d’horizon blanche coupe en deux le monde, la ligne de coupe avance au ras de l’eau, à mesure que les montagnes s’envolent.

Tout est si calme et bleu. L’été vient d’atterrir sur la terre. Vient d’effacer jusqu’au dernier souvenir de l’hiver.
Alors, l’été arriva, chargé de bleu. L’été devint la seule saison, le seul ciel possible. L’été demeura ainsi, ses deux pieds bien plantés dans la terre. À la fin du jour, le soleil se coucha en attendant la fin de la nuit et revint le matin suivant, tout aussi brillant et jaune. Le même soleil, chaque jour, encore et encore. Chaque jour un autre jour d’été. Chaque jour une autre nuit d’été. De l’été pour le crépuscule. De l’été pour l’aube. De l’été au petit matin. De l’été avant de dire bonne nuit.

Quand arriva l’air froid, j’ai cru que c’était de l’air conditionné.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

1 réflexion sur « Quand arriva le froid »

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