Intérieur nuit (6)

Retour dans la pénombre de la chambre. Au fond de la scène, on devine le lit. Les mêmes instruments et le bruit du respirateur. Trois coups contre la porte qui s’ouvre aussitôt. L’infirmière avance vers le lit et allume la lampe de chevet.

L’infirmière :
Bonjour Madame Duquesne. Comment ça va aujourd’hui ? Je viens pour la sonde. La pression aussi. Le cœur, vous comprenez ? Vous pouvez me faire un signe, si vous m’entendez. Un signe, comme bouger la tête ou une main. Bouger une main, vous pouvez faire ça pour moi, Madame Duquesne ?

L’infirmière regarde les chiffres qui bougent sur les écrans. Elle retire le duvet. Elle observe le contenu d’une poche de plastique transparent pendue sur le cadre du lit.

Il faut vous réveiller Madame Duquesne. On peut pas continuer comme ça. Vous avez encore perdu du poids. Vous allez sécher sur place dans votre lit. Dites-moi que vous m’entendez Madame Duquesne. Juste un doigt, bougez juste un doigt, ça suffira. Un doigt, c’est facile, allez ! Vous n’allez pas me dire que vous n’arrivez pas à lever un doigt !
Même pas un doigt ?
Bon.
Je reviendrai plus tard.

L’infirmière s’en va.
Noir

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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