Dominique et moi

Tout d’abord, il y a la date de naissance. Un élément factuel et objectif que personne ne pourra contester en ces temps de jeunisme broutant. Dominique Strauss-Kahn est né le 29 avril 1949 soit 11 ans et demi avant moi. Presque 12 ans nous séparent, 12 ans, c’est un demi-monde, une demi-éternité ! Sur ce point, pas de discussion possible, un jeune sur ses deux pieds vaudra toujours mieux que deux vieux sur un déambulateur.
Résultat : Dominique : 0 / Nicolas : 1

Poursuivons avec l’analyse objective des critères liés à la personne physique.
Parlons de la hauteur. Sur la base des documents filmés et photographiques en ma possession et en procédant par comparaison avec d’autres personnes connues, je dirai qu’il est impossible que Dominique dépasse le mètre 70 alors que moi oui, et de trois très gros centimètres. Le monde, qui est très con, le monde abruti préfère les grands, ce qui me donne un deuxième point.
Si on considère les autres dimensions, c’est pas pour dire, Dominique se pose un peu là. Vu de face, c’est du massif et vu de profil, il faut du temps parcourir la coursive qui mène de la proue à la poupe du cuirassé. À vue de nez, je dirai qu’on n’est pas loin du quintal, alors que même après la session foie gras, dinde, fromages, desserts, petits gâteaux et fours qui s’étend sur les deux dernières semaines de l’année calendaire – Sauternes et Bordeaux inclus – je culmine avec peine à 74 kilos.
En matière de silhouette, pas besoin de vous faire un dessin, l’épais n’est pas en odeur de sainteté en ce début d’imbécile millénaire. On veut de l’élancé, du svelte, du filigrane. Là encore, pas de discussion possible, en slip kangourou sur la balance, c’est encore moi qui emporte l’affaire.
Résultat : Dominique : 0 / Nicolas : 3

Passons ensuite sur le versant subjectif des choses. Penchons-nous sur l’allure. Là, c’est vrai, tous les goûts sont dans la nature. Je n’essaierai pas d’analyser le ciselé des traits ou la couleur des yeux : on peut aimer la mâchoire fine ou découpée à la dégauchisseuse, le viking pâle et scandinave ou le touareg étique à l’œil noir. J’accorde à Dominique un point sur le regard. J’ai pour moi une abondance de cheveux qui s’accrochent encore à leur couleur, sauf sur les tempes, évidemment. La demi-calvitie n’étant pas particulièrement en odeur de sainteté dans les milieux de la beauté, c’est moi qui obtiens le point de la capillarité.
Résultat : Dominique : 1 / Nicolas : 4

Venons-en maintenant à l’intangible et pénétrons les choses de l’esprit. J’ose espérer qu’en tant qu’ex-dirigeant de la banque du monde, Dominique possède une maîtrise supérieure des choses scientifiques, alors que moi non. Pas de maîtrise du tout, ni supérieure, ni inférieure. Juste un grand trou. Par contre, en matière de galipettes artistiques, je le bats sans forcer. Dominique reprend l’avantage pour ce qui est de l’éloquence et de l’esprit de répartie. Je dirai même que c’est le prince pirate de la périphrase, le seigneur de la circonvolution verbale et du double toe loop locutoire : quand il se défend d’avoir couché avec des putes, Dominique évoque « (s)on absence de connaissance de leur statut prostitutionnel. » On ne peut que s’incliner devant ce magistral exercice de rasage du champ lexical.
Résultat : Dominique : 3 / Nicolas : 5

Pour en finir avec ce qui ne se mesure pas à la cuillère, examinons la coolitude et le niveau de célébrité. Je veux bien manger mon chapeau si Dominique est plus cool que moi. Par contre, à part cette fille qui m’a reconnu dans la rue – alors qu’il s’est avéré, une fois le malentendu dissipé, qu’elle me prenait pour un prof de gym qui selon ses dires me ressemblait trait pour trait – personne ne se retourne sur mon passage, alors que Dominique peine à fendre la foule immense qui sans cesse le poursuit de ses assiduités.
Résultat final : Dominique 5 / Nicolas 6
(Note pour celles et ceux qui suivent encore, et je devine qu’ils sont rares : Je sais quand même compter jusqu’à 6, c’est juste le règlement qui stipule que le facteur célébrité compte double.)

Même si le résultat est serré (en grande partie par le faute de ce règlement inique) il n’en demeure pas moins que c’est moi qui gagne à la fin.
Alors, je voudrais bien qu’on m’explique.
J’étais la semaine dernière à Munich pour un séjour de courte durée. L’entreprise qui m’emploie avait réservé une chambre de bonnes dimensions dans un NH de bon aloi. À la réception, on me tend une carte magnétique, chambre 207, deuxième étage. Je pousse la porte. J’avance le cœur battant dans le petit couloir qui conduit à la chambre. Je découvre le lit.
Vide.
Une fois de plus.
Je m’assieds. J’ouvre avec les dents un paquet de chips à la tomate posé sur le petit secrétaire. Trop de sel dans la tomate. Trop de couette dans le lit. Je ne comprends pas. Comment fait-il, Dominique, pour que des nuées de femmes nubiles tapissent les lits de ses chambres d’hôtel ? Il est petit. Gros. Pas beau. Sûr qu’il a un truc, un mojo, un joujou extra qui fait crac-boum-hue, une substance, un élixir, un fluide évanescent, une botte secrète qui n’est pas mentionnée dans le règlement.
Il arrive, elles sont là. C’est magique, je ne comprends pas.

Comment fait DSK pour que toutes les filles tombent dans ses bras ?

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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