Le nom de l’oiseau

Un oiseau chante, invisible, dans l’arbre derrière le balcon.

Un oiseau chante dont je ne connais pas le nom, pas plus que le chant, non. Je n’y connais rien d’ailleurs, ni en oiseaux, ni en arbres, ni en fleurs, je n’y connais rien en printemps. Il est caché dans le feuillage, il vocalise, il fait ses gammes et le silence suspendu entre ses trilles rend un son léger et cristallin.

Un oiseau chante dans le jardin qui verdoie, s’étire et se déploie, vert tendre, pomme et vert de soie, vert de menthe fraîche, vert acidulé au parfum de fleurs sucrées, vert de miel et de rosée.

C’est peut-être un rossignol, pourquoi pas, ou alors, un rouge-gorge, une fauvette des jardins, une alouette pispolette ou une bergeronnette printanière, après tout, c’est le printemps, mais moi je ne sais pas.
Je ne veux pas savoir.
Je ferme les yeux.
Le soir tombe et le silence se fait.
Le vent glisse entre les feuilles et siffle doucement.

Deux gouttes explosent et ça fait clac. Claclac. Claclaclac. La pluie murmure, la pluie grésille, les feuilles s’étirent et se délient sous la caresse amoureuse de l’eau qui frappe de mille mains, mille pattes, mille doigts légers qui effleurent la peau délicate du monde nouveau-né.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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