Elle, dans la vallée.

J’étais arrivée au fond, à la hauteur du fleuve qui avait patiemment découpé ses deux pans de montagne. On ne peut pas dire que la vue était dégagée, ça non. Devant, derrière, c’était bouché, rempli de pointes et de pics qui griffaient le ciel. 
On se serait cru au bout d’une impasse, si ce n’était le sillon de lumière que le fleuve avait taillé d’est en ouest. L’ouest comme un point de fuite éperdu vers un long coucher de soleil, au fond, tout au fond de l’horizon, à l’embouchure où l’eau épuisée arrête enfin sa course linéaire pour embrasser le roulis de la mer.

J’aimais cet enfermement, cet enserrement. Les jours où le grand vent chaud nettoyait l’air à grands coups de balai, les montagnes descendaient des vallées, on aurait pu les caresser d’un revers de la main. J’aurais voulu qu’elles se penchent à se toucher, à laisser juste une ligne de ciel pas plus grande que la trace blanche de l’avion de passage.

Exercice de dactylographie

Des doigts rouillés retrouvent le long trajet de la touche.
Les lignes s’ajoutent aux lignes, un peu décalées, un peu tremblées, en équilibre sur un fil fragile.
Les caractères crépitent.
Pour Jack, un peu de pluie.

Coucher avec des personnes que vous haïssez

« Vous devriez très parcimonieusement agir contre votre nature, par exemple coucher avec des personnes que vous haïssez. Tester vos capacités pour un temps peut être intéressant mais le faire trop souvent vous abîmera. »

Jenny Holzer – Living Series – @fondationbeyeler