Jésus revient. Pour vous flinguer. 1ère partie

Nous sommes en l’an 27 après Lui.
Jésus est beau. Une cascade de boucles blondes inondent son visage préraphaélite. On dirait Robert Plant au début de Led Zeppelin. Il sillonne les territoires pas encore occupés avec son groupe. Les foules subjuguées le suivent sur les collines arides où rien ne pousse. Alors il fait pousser le pain et le poisson. Les foules s’empiffrent en attendant la distribution de café et d’alcools interdits. Pendant que ses ouailles ont la bouche pleine, Jésus parle en disant finalement très peu de conneries.
Bon, c’était il y a 2000 ans et depuis, on a eu des tas de choses à faire, inventer la télévision et les émissions où une présentatrice mammaire fait bander la roue de la fortune. Il est donc parfois nécessaire de revenir aux jours anciens et d’exhumer les papyrus fragiles où les scribes ont retranscrit en direct les paroles du divin enfant.
Jésus a dit. Par exemple : « Tu ne tueras point. »
Formule trapue, qui laisse très peu d’air à l’exégète. Interdiction de tuer pour tous. Partout. Tout le temps. C’est clair?
– Et si, j’ai quand même envie, juste pour faire briller mon gros calibre?
– C’est non.
– Et si mon voisin fait rien qu’à m’embêter?
– C’est non.
– Et s’il nous faut une bonne guerre?
– C’est non! NON et NON. Pas d’histoires. On ne tuera pas. Point.

Jésus revient. Pour vous dézinguer. 3ème partie

Comme le soldat étatsunien s’appelle Stallone et fait 2 mètres de haut pour 120 kilos de large, tout le monde écoute très attentivement.
Stallone: OK. Y en a un qui peut me dire de quoi ça parle ?
Nous: Raclements de gorge et silence gêné.
Stallone: Évidemment, personne. En vérité, je vous le dis, la moisson est abondante et les moissonneurs peu nombreux.
Nous: ?
Stallone: Bande de crêpes. On fait pas les foins. La moisson, c’est une métaphore.
Nous: Et c’est quoi une métaphore ?
Stallone regarde tristement la terre aride. Se reprend.
Stallone: OK les gars. Reprenons. Deuxième Épitre aux Corinthiens, chapitre 4, verset 6. St Paul dit: « Car Dieu a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres! Il a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. »
Nous:
Stallone: Vade retro tout le monde. Je crois bien que vous m’avez énervé. Mettez-vous à couvert. Ça va chier.

Nous nous abritons sous un tas de sac de sable. Stallone se met à courir vers les lignes ennemies. Il se jette à terre. Il scrute. Il attend. Une silhouette ennemie traverse le champ de son viseur. Il sourit. Il se déplace un peu. Il tire la langue avec application. Il a le visage de l’ennemi en plein milieu de la mire. Une seule détonation. Une seule balle. Entre les yeux. De l’autre côté, ça dézingue à tout va. Accroupi sur son flingue biblique, Stallone se replie vers nous . Il écarte les bras. Il va parler.

Stallone: Alors les petites tapettes ? On dit plus rien  ? C’est le douzième de la journée. Dieu a dit : la lumière brillera du sein des ténèbres.
Nous: Silence cathédral.
Stallone: Moi et Jésus. On les aura tous. Ces enculés.

Jésus revient sur un canon. Épilogue

Pour les femmes et les hommes de peu de foi qui ne peuvent croire sans avoir vu, voici le détail du viseur d’un soldat américain.


Dans l’ellipse rouge, on peut lire 2COR4:6.
Le fabricant s’appelle Trijicon, une société basée aux États-Unis d’Amérique qui s’expose sur http://www.trijicon.com. Si on n’aime pas les Corinthiens on pourra toujours se rabattre sur l’évangile de St Jean, avec l’inscription JN8:12 : Jésus dit : « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. »
Heureux les soldats américains. Ils transportent Jésus et sa parole sur le canon de leurs armes. À chacun son verset personnalisé : la bible est longue et il faut bien reconnaitre que Jésus avait le sens de la formule choc. Par exemple :
TU NE TUERAS POINT!
CONNARD!


Et pour nos amis anglophones, un lien qui raconte l’histoire enchantée des viseurs bibliques.