Quatrième promenade : s’envoler du jour pour parler de la nuit

Les années se succèdent en années de plomb. En années de jours et plus jamais de nuits. Des années uniformes. Des jours de huit heures. Des jours de douze heures. Des jours qui se prolongent jusque tard dans la nuit.

Les jours se suivent, se ressemblent et s’assemblent. Les jours se lient sans plus jamais de nuits. Nous marchons fatigués le long des heures grises. Alignées devant moi, les semaines ont perdu leurs dimanches. Les mois ont perdu leurs saisons. Les années ont perdu leur raison. Mon regard fatigué prend le bleu de l’écran. Le bleu du ciel au-dessus des nuages, entre les continents.
Au milieu du temps suspendu, dans la fumée blanche des quatre réacteurs, des mots remontent à la surface et font un court-circuit. Alors, le personnel de cabine regagne ses sièges. Le personnel attend et les mots aussi.

Un jour de décollage, les mots s’envolent en direction du jour pour parler de la nuit.