Troisième promenade (4) : des choses qui se font aux choses qui ne se font pas

Nous ressortons luisants dans le noir.
La nuit recouvre la nouvelle année.
Au milieu de mon front, marqué au fer rouge,
Un cercle rouge et brûlant de lumière rouge.
La neige sombre glisse et brille.
Nos pas lourds se souviennent
Des couleurs que la musique allume
Au fond des dalles translucides.

Nous marchons dans la nuit, loin des heures du jour. Nous marchons encore pendant que l’aube recule. Le soleil a perdu l’est. La nuit éclate et rouge. Le jour est parti pour retrouver ce rouge.

Le jour ne suffit pas.

Nous marchons dans la nuit de l’hiver, dans les nuits de l’été. Il fait froid, chaud ou tiède. Il fait nuit partout et pendant des années. Nuit au bord de l’eau ou au bord des montagnes. Au début de l’automne, à la fin du printemps. Partout le sol qui gronde et la musique lourde, qui prend les femmes dans sa lumière rouge. Chaque soir, un nouveau jour commence.

Un jour la vie reprend la nuit. La vie reprend ses droits ses devoirs et ses billes.
Le jour revient toujours deux fois.

Alors, le jour brillant me parle et me dit que voilà.
Que la nuit est finie.
Qu’il y a des choses qui se font
Des choses qui ne se font pas. 

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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