Les mains propres

Deux mains inutiles.
Deux mains pour ne plus rien toucher.
Juste glisser sur la face lisse du monde,
Du côté froid du verre poli.

Deux mains pour peindre sans peinture.
Deux mains pour sculpter sans sculpture.
Deux mains qui pendent
Au bout des corps qui bandent
Penchés sur le bord des écrans.

Toute cette odeur, cette fumée et ce bruit,
Toute cette vie qui bat, c’est insupportable.
De l’autre côté du verre poli,
Le monde sent la transpiration.
Les routes sont remplies de poussière sale.
Le monde craque.
Les torrents débordent au plus mauvais moment.
Le monde crache.
Un kilo de fumée pour faire peur aux avions.

Protégés par l’épaisseur d’un écran de verre,
Les corps fatigués bandent à la mort.
Sans plus jamais transpirer.
Sans plus jamais se toucher.
Toutes leurs mains inutiles
Embrassent du vide,
Embrassent du rien.
Rien que du vide.

Plus jamais besoin
De se nettoyer les mains.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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