J’ai décidé d’être candidat.

En cet an bissextile et qui risque bien d’être le dernier, Rick Santorum, candidat à l’élection présidentielle américaine, Rick Santorum s’est excusé. Il a demandé pardon. PARDON. Rick était allongé sur une chaise longue, au soleil, à la fraîche. Un  touriste l’a reconnu. Et photographié. Vous avez un aperçu de ce document photographique au sommet de cet article.

Regardez bien. Sur la photo, c’est affreux… Sur la photo, oh, Mon Dieu! Sur la photo, mais que voit-on, enfin ?
Sur la photo, on voit Rick.
Allongé.
Au soleil.
Et c’est tout.
Sur la photo, on voit Rick et seulement Rick.
Alors, vous me direz, pourquoi Rick s’excuse d’être Rick ? Mais c’est vrai ça! Pourquoi, nom d’un petit bonhomme ? Parce que sur la photo, regardez mieux, sur la photo, on voit un VENTRE. Un ventre naissant. Un irréfutable début de convexité.
Rick Santorum dit : « Je sais que je devrais perdre 7 à 10 kilos. » Alors, il présente ses excuses à tout le peuple étatsunien. Il est absolument désolé d’avoir un abdomen en voie de grossissement. Pour être élu, le président doit avoir le regard vif et le poil luisant. Le président doit être beau. Sculpté. Abdominé. Bronzé. Chevelu mais sans excès. Pour être élu, le président doit avoir un corps de président.

Un président qui serait gros, ce serait un peu comme un hippopotame sans vélo.

Un président qui serait gros dirait des gros mots comme « chômeur », « vieux », « pognon », « enculés ». Alors qu’un président svelte dira « Demandeur d’emploi », « Personne du quatrième âge », « Actif illiquides » et « Instituts Bancaires Détenteurs d’Actifs illiquides. » Notez l’usage de la majuscule. Un président bronzé ne s’exprime qu’en majuscules. Il s’adressera à la Nation pour Lui Parler de l’Absolue Nécessité de Sauver Ce Fleuron de Notre Place Financière Pour Que la Nation Continue d’Occuper une place de Choix dans le Concert des Nations.
Alors qu’un président gros et bedonnant dirait que ce n’est pas grave, si les riches ont un peu moins de pognon.

Il se trouve que je suis svelte, ferme, et que ma peau mate ne craint pas l’exposition prolongée aux rayons artificiels. Par contraste, mes dents blanches et impeccablement alignées étincellent à merveille dans la lumière des projecteurs. Le temps est venu pour moi de me présenter devant vous, lascives concitoyennes et vigoureux concitoyens.

J’ai donc décidé d’être candidat.

Je mesure l’ampleur de la tâche qui m’attend. Je suivrai un régime strict. Je soulèverai des poids. Je me ferai remplir les rides. J’aurai à jamais quarante ans, ma tête liftée sur mon corps président.
Je mettrai de l’eau dans mon vocabulaire.
Je refuserai d’être grossier.
Je serai simplement vulgaire,
Je refuserai toute familiarité.
Vous pouvez m’appeler Majesté.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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