Les mégots de larmes qu’on écrase

A l’intérieur de nous, les digues
Se remplissent petit à petit
Des mégots de larmes qu’on écrase
Rageusement.
À grands coups de talon.
Des larmes qu’on ravale,
Des sanglots qu’on étrangle,
Jour après jour,
Semaine après semaine.
Des chagrins qu’on fait fondre
Dans le plomb des années oubliées.

Patiemment,
Inexorablement.
Le niveau des larmes continue de monter.
Il gagne le haut du cou,
Les basses terres du visage.
Peu à peu, le nez s’enfonce
Et la ligne d’eau salée
Dessine une ombre flottante
Juste au-dessous du niveau des yeux.

Alors, on essaie de construire
Une dernière digue.
Un barrage de fortune.
Des sacs de sable
Empilés à la hâte
Sur le bord ondulé du chagrin.

L’eau lisse alors s’insinue lentement dans le sable
Tout doucement,
Inexorablement.
Elle attend un moment,
Une seconde,
Une question,
Automatique,
Comment ça va ?

La réponse ne vient pas,
Juste le silence
Et le bruit de sanglot
Que fait la digue quand elle se rompt
Et libère

Un océan de larmes.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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