La véritable origine de l’automne (13)

Allongé dans le noir, Dieu regardait le ciel qu’il avait fabriqué.

Bleu nuit et rempli d’étoiles. Ça, c’était une trouvaille, non, les étoiles ? Et la lune ? Est-ce qu’on se représente la somme de calculs à effectuer pour l’accrocher verticalement, à la bonne distance de la terre et l’aligner ensuite par rapport aux rayons du soleil ? Et toutes les planètes ? Et toutes les galaxies ? Et les trous noirs, hein, les trous noirs ? Passer de temps en temps un bon coup d’aspirateur pour nettoyer le ciel rempli de poussière, il fallait quand même avoir l’idée, non ?

On pouvait bien chipoter, trouver que la nuit manquait un peu de lumière et qu’à midi le soleil aurait pu être tamisé, n’empêche : mettre en place tout l’univers et tout le tremblement, tout ça en six jours montre en main,  il y avait de quoi être fier. Pourtant, Dieu qui n’était pas fier se dit que de tous les systèmes qu’il avait conçus et de tous les organismes vivants qu’il avait engendrés, Adam était de loin le plus complexe, le plus sensible, le plus délicat, le plus imprévisible. S’il avait été grossier, Dieu aurait ajouté : le plus emmerdant et le plus insupportablement chiant, mais Dieu avait des manières, heureusement pour Adam.

Chiant. Ça oui, on pouvait dire. Emmerdant. Pour sûr. Mais seul aussi. Tout seul sur la terre avec, pour seule distraction, la compagnie d’un serpent.

Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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