Avant le ciel artificiel

Avant, c’était pareil.
Tout à coup, il pleuvait et on n’avait pas de parapluie. Sur nos têtes on mettait nos pardessus ou un journal ouvert en forme de toit, n’importe quoi pour garder nos cheveux au sec.
Le reste on s’en fichait.
Mi-novembre, la neige tombait. Les automobilistes voulaient quand même rouler sur leurs pneus d’été, ils partaient en glissades et en têtes-à-queues. Dans les montées on entendait leurs moteurs s’emballer, leurs roues tourner de plus en plus vite, leurs véhicules immobiles pourtant, avant de reculer en zigzaguant.
En fait, on n’était jamais sûr de rien, on pensait tout connaitre des hautes pressions, du Gulf Stream et des anticyclones. Survitaminés, nos ordinateurs ingurgitaient des milliards de données et régurgitaient le tout en simulations tri-dimensionnelles où les orages explosaient à la seconde près. Mais on n’avait jamais pu obliger une goute d’eau a rester dans son nuage, encore moins indiquer à la foudre le meilleur moment pour tomber.

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Auteur : Nicolas Esse

Depuis 1962, je regarde les nuages qui passent avant d'aller mourir.

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