Le bruit que fait une seconde

Les étoiles qui s’éteignent, tu ne pourras pas les rallumer.

Le temps qui passe, tu ne pourras pas le retenir dans ton poing fermé.
Tu crispes tes doigts à te fendre les os, mais il subsiste toujours un petit interstice, une fente infime, plus fine qu’une lame de rasoir, qui laisse passer la lumière et s’écouler les secondes, une à une, avec le bruit mouillé que fait une goutte d’eau tombée d’une stalactite dans le noir luisant d’un lac enterré.

Tu fermes les yeux et tu écoutes le bruit que fait une seconde quand elle s’écoule et son écho qui résonne longuement sous la voûte de ta boite crânienne. Tu fermes les yeux et la bouche et les poings. Tu bloques ta respiration. Tout s’arrête et se fige, le temps d’une seconde ou deux ou trois et soudain, ce choc mou contre ta cage thoracique. Ce choc doux et obstiné de la vie en sourdine qui continue à s’éteindre sur un rythme binaire. Systole. Diastole.

Un deux. Un deux.

Un son grave et étouffé, le son produit par la batte de feutre quand elle frappe la peau de la grosse caisse. Un deux. Deux frappes sourdes pour te dire que la vie est là. Un silence pour te dire que la vie s’en va.

One two. One two.

Derrière les fenêtres closes, les voitures qui passent font un bruit mouillé ou un bruit mat, un bruit étouffé par les flocons de neige, un bruit de vent, les après-midi d’été. Systole. Diastole. Tu fermes les yeux et tu écoutes la rumeur des automobiles, le frottement du métal lisse qui se glisse dans les plis de l’air glacé. Il neige. Bientôt, il fera beau. Bientôt l’été sera là, et un autre hiver, et un autre été.

Toi, tu écoutes tous les battements de ton cœur qui s’en va.

La véritable origine de l’automne (28)

Adam menaçant avança d’un pas.

– Ah ben voilà autre chose : c’est toi qui me tutoies maintenant ! Et la permission, tu as demandé la permission ? Parce que ton histoire de cochons, ça marche dans les deux sens, non ? Et je me souviens pas d’avoir gardé les tiens de cochons ? Je t’ai pas croisée dans la porcherie et le porcher, il ne nous a pas présentés, il me semble. Alors, un peu de politesse s’il te plaît. D’abord : c’est TOI qui me demandes la permission de ME tutoyer.

– D’abord il faudra un grand bain.

– Non, non, tu peux rester comme ça, c’est juste tes cheveux. Il faut les couper.

– Non. C’est toi qui as besoin d’un grand bain. Un grand bain c’est très utile après une longue nuit de sommeil. C’est tonique, très bon pour la peau. Et surtout, ça nettoie; ça élimine les mauvaises odeurs.

– Les mauvaises odeurs ! Quelles mauvaises odeurs ?

– Les odeurs du mâle qui a transpiré, tu vois ? Les odeurs d’aisselles et de pieds. Et l’haleine chargée, aussi. On dirait que tu as dormi dans une caverne avec des sangliers.

Adam leva un coude et inclina la tête pour poser son nez dans le creux de son bras. Il inspira longuement, releva la tête, refit le geste et inspira de nouveau.

– Je ne sens rien. Aucune odeur. C’est sûrement toi qui fouettes. Tu t’es lavée quand ?

À cet instant précis, un coup de vent léger se déploya dans l’air tiède et vint soulever délicatement les lourdes boucles déployées dans le dos d’Ève, les fit glisser par-dessus une épaule et les déploya en gerbe sur sa poitrine. Le vent, qui avait de la suite dans les idées, se glissa sous le manteau que Dieu avait taillé, s’amusa un peu à le faire onduler, saisit délicatement un des pans découpés et le retroussa jusqu’à la ceinture qu’Ève avait nouée au-dessus de la taille. D’un seul bond, Adam avait fait le tour d’Ève. Debout derrière elle, il découvrit enfin tout le déroulé de la pente vertigineuse qui tombait en cascade fluide dans le delta étroit qui surplombait ce séant de terre promise.

Les étoiles qui tombent finissent toujours par s’écraser ailleurs

Dans le ciel, les étoiles qui tombent enflamment la nuit. Alors, nous faisons un vœu : Dieu nous préserve des flammes des étoiles. Dieu nous envoie un bébé pour l’été. Tout autour de nous, les étoiles tombent en flammes mais les mains de Dieu nous protègent. Les étoiles qui tombent iront s’écraser ailleurs.

Dans le ciel, les nuages noirs s’amoncellent et la nuit tombe au milieu du jour. Alors, nous allumons nos phares et nos phares font un trou blanc dans le jour noir. Les éclairs nous enserrent mais quatre pneumatiques protègent notre caisse métallique. La foudre finit toujours par s’écraser ailleurs.

Dans le ciel, une couche épaisse de fumée recouvre toute la terre, s’enroule autour de nos visages, s’insinue au fond de notre bouche, l’enduit d’une couche de poussière grasse qu’aucun dissolvant ne pourra jamais nettoyer. Alors, nous portons un masque de papier pour mettre une barrière entre nous et cette fumée visqueuse qui s’introduit partout. Notre bouche à l’abri derrière un masque de papier, nous savons que la fumée finit toujours par pourrir d’autres intérieurs.

Sous le ciel qui tombe, nous marchons, aveugles et obstinés. Nos yeux rivés sur le sol, indifférents et sourds aux grincements du monde, nous croyons qu’il suffit d’avancer pour arriver quelque part.

Mais sous nos pieds la terre ronde revient toujours à son point de départ

La véritable origine de l’automne (27)

Ève planta son regard tout au fond des yeux d’Adam.

– Est-ce qu’on se connaît ?

– Comment ça, est-ce qu’on se connaît ?

– Je veux dire, est-ce qu’on a gardé les cochons ensemble, les cochons ou les  hippopotames ?

– Arrête avec tes hippopotames, c’est ridicule. De toute façon on ne garde pas les hippopotames, ni les cochons d’ailleurs. On s’en fout des cochons et des hippopotames. Montre-moi ton dos.

– Au contraire, c’est très important, la garde des hippopotames. Nous serions restés assis des heures au sur les berges du fleuve. Nous aurions parlé ou pas. Je vous aurais posé des questions. Vous m’auriez répondu. Et peut-être qu’un jour j’aurais été suffisamment rassurée, suffisamment à l’aise pour vous proposer de me tutoyer.

– Moi je suis tout à fait à l’aise. Pas besoin de passer des jours à discuter. Tu veux qu’on discute de quoi ? Du temps qu’il fait ? Ici, il fait toujours beau.

– Oui mais dans le ciel il y a des nuages, on aurait pu discuter de la forme des nuages.

– Ah oui bien sûr. La forme des nuages. Intéressant ! La forme des nuages ! Et la forme des cailloux aussi, on aurait pu discuter de la forme des cailloux.

– C’est vrai, il y a des cailloux si doux, si lisses, des cailloux qui s’arrondissent doucement dans le creux de la main…

– … et des cailloux pas doux et des cailloux pas lisses. Des gros et des petits cailloux. Des cailloux noirs et des cailloux pas noirs. Et après, on parlerait de la forme des feuilles, des arbres, des montagnes, on ferait comme ça le tour du monde des formes, ça prendrait mille ans. Après on serait plus à l’aise. Je t’enverrais un bristol : Adam, roi de la création, convie Ève à une petite cérémonie pour célébrer leur premier millénaire d’observation des nuages, des feuilles et de tout le reste. À cette occasion, Adam aura bien l’honneur de demander à Ève le privilège de pouvoir la tutoyer.

– J’attends votre bristol.

– Moi j’attends rien du tout. Tu te prends pour qui avec tes airs de petite bêcheuse ? Et d’abord qui c’est qui est arrivé en premier, hein ? Qui c’est le premier homme ici ? C’est MOI ! Le premier homme c’est MOI. Le roi de la création. C’est Dieu qui l’a dit. Alors, c’est simple, ici, le chef c’est MOI. C’est moi qui décide. Je fais ce que je veux. Si je veux te tutoyer, je te tutoie. Si je veux voir ton dos, tu me montres ton dos. Aussi simple que ça. Tourne-toi. On n’a pas idée d’avoir les cheveux aussi longs. Je vais couper un peu tout ça. Bien dégager la nuque. Ce sera plus net. Plus clair. Plus besoin d’imaginer ce qu’il y a derrière.

– Essaie. Essaie de toucher un seul de mes cheveux. Juste pour voir qui est le roi.

L’heure d’aller à l’école

L’aube hésite et pourtant, c’est bien le matin. Dans le froid bleu-acier, la neige dure craque sous les pas des enfants qui marchent sous leur bonnet.

La nuit encore, pourtant, c’est l’heure d’aller à l’école. Les silhouettes basses se découpent dans le faisceau des phares. Sous leur bonnet, ils marchent, un sac sur les épaules. Seuls ou en groupes, ils s’enfoncent à petits pas dans l’épaisseur compacte de la nuit glacée et leurs bottes trop grandes font un bruit étouffé.

Les enfants avancent en traînant les pieds. Ils ne sont pas encore bien réveillés. La nuit refuse toujours de s’en aller. Dans le faisceau des phares, les enfants marchent, écrasés par leur bonnet. Il fait si froid. Sur mon tableau de bord un écran digital indique que dehors, il fait moins 11 degrés. J’attends, au feu rouge. Je monte un peu le chauffage.

 Je n’ai pas besoin de bonnet.

La véritable origine de l’automne (26)

Adam était tout à fait réveillé maintenant. Il fit le tour d’Ève. Lentement. Minutieusement.
Les cheveux, il y avait ces cheveux, longs, argentés, fluides sur ses épaules et tout le long de son dos. On n’avait pas idée d’avoir les cheveux aussi longs. C’était tout sauf pratique. Ça devait gratter et chatouiller, ça devait s’emmêler au moindre coup de vent. Et surtout, ça faisait comme un écran, comme un voile par-dessus les pans de son manteau qu’on aurait bien voulu écarter pour voir ce qui était caché derrière. Elle cachait sûrement quelque chose, peut-être que son dos était recouvert d’écailles, peut-être qu’elle avait des ailes, une carapace ou une minuscule paire de cornes. Ou peut-être qu’il y avait là, au-dessous de la ligne des épaules et jusqu’au point de jonction de ses jambes, quelque chose d’infiniment troublant et d’infiniment désirable, quelque chose à voir, absolument.
Adam s’était figé derrière elle. Il avança la main. Ève se retourna vivement.

– Vous faites quoi, là ?

– Moi ? Mais j’ai rien fait !

– Bien sûr. Et moi je m’appelle hippopotame.

– Justement, vous vous appelez comment ?

– Ève.

– Ève, c’est un joli prénom.

– Qu’est-ce que vous voulez faire avec mes cheveux ?

– Mais rien. Rien du tout. Je veux juste voir ce qu’il y a derrière.

– Je vous demande pardon ?

– Ben oui quoi ! Ce qu’il y a derrière.

– Ah oui ! Derrière. Et vous pensez trouver quoi, derrière ? Un hippopotame ?

– Je voulais juste…

– … Voir ce qu’il y a derrière. On a bien compris. Mais pour voir ce qu’il y a derrière, il faut d’abord demander la permission. La permission, vous comprenez ? Je vais vous expliquer : voilà, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Alors, le principe, c’est que vous évitez de me tourner autour sans rien dire. Je ne suis pas un gros caillou brillant. On ne m’inspecte pas. On ne m’ausculte pas. On s’avance. On tend la main. On se présente : « Bonjour, je suis Adam, l’apothéose de la création. » Je vous répondrai que je suis Ève et nous entamerons une conversation. Ensuite, au fil du temps, nous atteindrons un niveau d’intimité suffisant pour que je vous donne la permission de soulever mes cheveux. Vous pourrez voir ce qu’il y a. Derrière.

– Justement ! Maintenant qu’on a fait les présentations et qu’on a eu notre discussion, tu pourrais te tourner ? Que je dégage tous ces cheveux et ce bout de tissu qui m’empêchent de voir ton dos.

La véritable origine de l’automne (25)

Engoncé dans une gangue de demi-sommeil, Adam déglutit bruyamment. Il renifla, renâcla, émit toute une série de bruits mouillés et tout à fait décourageants. Il se tourna, se mit en boule, se déplia, les yeux obstinément fermés à la lumière du jour, le corps engourdi et lové dans les derniers replis bleus du sommeil. Un rayon de soleil vint se planter au coin de son œil et une tache rouge parcourue de veines se forma derrière le rideau tremblant de ses paupières closes.

Une mouche le frôla. Il se retourna. La mouche vint se poser sur son front. Il secoua vivement la tête. La mouche s’envola avant de revenir se poser au même endroit. Il se mit une grande claque dans le visage, mais la mouche fut plus rapide et s’éloigna en vrombissant. Adam finit par ouvrir un œil puis deux. S’installa sur le côté, en appui sur un coude. Il redressa la tête et bailla immensément.

– On dirait la bouche de ce grand animal gris que j’ai vu se baigner dans le fleuve.

Adam fit un saut de carpe, un bond de serpent qui le projeta sur ses deux pieds. Il se retourna en direction de la voix. À contre-jour, derrière le rideau brillant du soleil levant, une silhouette floue se tenait debout, de profil, immobile. Encore brouillés de sommeil et éblouis par trop de jour et trop de lumière, les yeux d’Adam n’arrivaient pas à faire la mise au point, à détailler les contours de ce visage indifférent et tourné vers un point fixe qui n’était pas lui.

– Un animal gris ? Quoi comme animal gris ? Ici, c’est rempli d’animaux gris.

– Un animal gris et immense. Avec une peau qui ressemble à une coque. L’intérieur de sa bouche est rempli d’un rose intense et très surprenant. Quand il bâille, on dirait qu’il va avaler d’un seul coup toute l’eau du fleuve.

– On appelle ça un hippopotame. HIPPOPOTAME !

– Pas besoin de crier et je trouve ça affreux, comme nom, hippopotame.

– Oui eh bien moi, je trouve ça malpoli de me comparer à un hippopotame. L’hippopotame, c’est moche et c’est gros.

– Je ne parlais pas de la forme et de la taille de l’hippopotame, je disais juste que vos bâillements se ressemblent.

– Non je ne ressemble pas à un hippopotame. Je n’ai rien à voir avec un hippopotame. Je suis Adam. Le premier homme. Et Dieu m’a placé au sommet de la création.

– Si vous voulez mon avis, ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux.

La véritable histoire de l’automne (24)

Je flottais dans la lumière juste au-dessus de l’eau. Je ne me souviens pas d’avoir eu froid ou d’avoir eu chaud. Je flottais, c’est tout. Maintenant, sous mes pieds, il y a la terre, le sable qui est encore frais. Sous mes pieds, il y a le matin. Je suis la première femme.
La première femme ?
Est-ce que ça veut dire qu’il n’y en aura plus jamais d’autre ? Je n’ai pas envie d’être la première, ni la dernière, pas envie de voir mon nom inscrit quelque part.

J’aimerais juste aller me promener.

Je n’ai pas envie d’attendre, attendre quoi, d’ailleurs ? Que cet homme allongé se réveille ? Qu’il se mette à parler ? Parler de quoi ? Je n’ai pas aucune envie de parler avec lui. Ni avec personne d’autre. Ève, je trouve ça ridicule, je n’aime pas ce prénom. Je ne suis pas un rêve. J’ai de la chair autour des os. Mes deux pieds sont plantés dans la terre. Je n’ai pas froid et mon ventre me dit qu’il faudra bientôt que je mange. Mon ventre a faim et mes jambes s’impatientent.
Je n’ai pas envie de parler.
J’ai envie de partir.

J’ai juste envie de marcher.

Skier la nuit

Il ne fait même pas froid, peut-être moins cinq ou six degrés. Pas de vent. Pas de bruit. Suspendue en plein milieu du ciel noir, verticale et blanche, la lune au-dessus des arbres découpe sur la neige la figure de l’ombre portée de l’été.

Il ne fait même pas froid et le jour lunaire s’est levé dans la nuit, à perte de vue, livide et phosphorescent, posé à l’envers dans le ciel où il brille à rebours des lueurs dorées de la ville, très loin au fond de la vallée, à la manière des rues que Magritte plonge dans la nuit sous le ciel brillant d’un jour d’été.

Il ne fait même pas froid et la neige souple craque, grattée par le poil rêche des peaux accrochées sous mes skis. En face de moi, la saignée brillante taillée dans la masse sombre de la forêt s’élève vers un point clair, une tache plus lumineuse au-dessus de la barrière des arbres. Mon pied s’avance en même temps que le bâton dans ma main. Un pas après l’autre, pour s’enfoncer un  peu plus loin dans la montagne et la nuit, atteindre ce point où les dernières lueurs du monde s’éteindront enfin.

Je monte, à la lumière de la lune. Ma lampe frontale est dans mon sac. Je la ressortirai peut-être au sommet, au moment de m’élancer dans la nuit claire. Skier la nuit. Sentir mes spatules prises dans la main légère de la poudreuse. Deviner les courbes et les ondulations du terrain. Les changements de neige. Les trous cachés dans les ombres. Les souches. Les fils tendus des clôtures. Effacer tout le bruit parasite. Tout ce qui tourne en boucle, toute la journée, tous les jours, sans jamais s’arrêter. Faire taire toutes les voix. Vivre tout entier suspendu au fil de son instinct.

Skier.

La nuit.

Ce que danser voulait dire

« De nos jours, quand je glisse ma tête à l’intérieur d’une discothèque ou d’un night-club fréquenté par des jeunes gens, je suis frappé par le contraste qui existe entre l’érotisme de l’environnement – l’éclairage faible et équivoque, la pulsation orgasmique de la musique, la provocation des tenues moulantes – et l’appauvrissement tactile qui résulte de la manière actuelle de danser. Je suppose que les jeunes ont ensuite à leur disposition une telle abondance de contacts physiques qu’ils n’éprouvent pas le besoin de se toucher sur la piste de danse, alors que pour nous, c’était exactement le contraire. Ce que danser signifiait en ce temps-là, et même dans le cadre d’une très catholique Maison des Jeunes, c’est que vous aviez la permission de tenir une fille dans vos bras en public, peut-être même une fille que vous n’aviez jamais rencontrée avant de l’inviter à danser, sentir ses cuisses qui frôlaient les vôtres sous le froissement de son jupon, sentir la chaleur de ses seins contre votre poitrine, inhaler le parfum déposé derrière ses oreilles ou l’odeur de shampoing de ses cheveux fraîchement lavés qui chatouillent vos joues. Bien sûr, vous deviez prétendre que tout ça était sans importance, vous deviez continuer à parler de la météo, de la musique ou de n’importe quoi tout en guidant votre partenaire sur le parquet, mais l’étendue de l’autorisation délivrée pour éprouver des sensations physiques était considérable.
Imaginez un cocktail où tous les invités se masturbent tout en continuant à déguster de petites gorgées de vin blanc et à discuter des derniers livres parus ou des dernières pièces de théâtre, et vous aurez une assez bonne idée de ce que représentait la danse pour les adolescents du début des années cinquante. »

David Lodge, Thérapie, 1995
Et une très jolie lecture de Guillaume Gallienne que vous trouverez ici