La mer s’en fout

La mer se fout de tout.
Du ciel. De la terre. De nous. De nous surtout. Petits, sales, infiniment négligeables au regard d’une vague.
Le ciel, les nuages, les avions de passage, les porte-containers et nos ambres solaires glissent sur elle sans jamais altérer les plis de sa surface. Aucune ride, pas la moindre trace.
Le soleil s’y attarde les soirs d’été avant de s’y noyer. Il revient le lendemain et la mer n’a pas changé.
La mer n’en a vraiment rien à foutre de nos salades, de nos conflits mesquins et des tonnes de merde qu’on lui fait avaler. Viendra le jour où nous mourrons faute d’air, faute d’eau et de terre.
La mer s’en fout.
Elle continuera sans nous.