La parade du cycliste trop gras

Ce qui est sûr, c’est que je vais te descendre illico calculer à la cave.

Quand je pense que je t’ai monté au salon pour te changer les plaquettes de freins. Saloperies de plaquettes qui fondent comme du beurre au soleil. Alors oui, si tu freines pas elles s’usent pas. D’ailleurs, le cycliste ne freine pas parce que « se freni non vinci », citation attribuée à Mario Cipollini, coureur sculptural italien dont la vitesse de pointe n’avait d’égal que le goût des seringues espagnoles.

Donc tu m’espionnes « à l’insu de mon plein gré » selon le bon mot de Richard Virenque, autre cycliste qui en son temps avait été attaqué par un essaim d’aiguilles plus ou moins stérilisées. Il me faut rappeler ici un principe de base : mon écran c’est mon écran. Les informations écrites dessus sont destinées à moi-même uniquement et exclusivement sauf accord préalable avec un tiers, personne, animal ou vélo. Pour ma dernière commande de cuissard, je ne crois pas avoir passé un tel accord avec toi. On n’en a même jamais parlé. Bon. Je confirme, tour de taille : 87 centimètres. Poids : 77 kilos. Je te fais confiance pour la masse volumique de la graisse et tous tes calculs à la con. Du gras, j’en ai et je le garde. On ne sait jamais. Et toi, ton poids, rien à cirer, ni de celui qui pourrait te remplacer.

Non, j’ai une autre idée, un joujou extra qui t’envoie un supplément d’âme quand il te reste plus rien dans le jarret.
Comment ? Qu’est-ce que tu dis ? C’est-y pas triste, sombrer dans les substances ? À mon âge avancé !
Mais non, je te rassure, je continuerai à marcher à l’eau claire. Seulement, j’ai découvert un nouveau produit miracle. Efficace, discret et sans aucun effet secondaire. Lové dans l’axe du pédalier.

Ça s’appelle un moteur et ça marche à l’électricité.