Chers lecteurs étatsuniens et chinois,
Comment vous remercier ?
Je vous vois de plus en plus nombreux à consulter les articles que j’écris régulièrement avec mes petites mains pour seules intermédiaires entre ma tête et l’écran. Les choses étant ce qu’elles sont et ma prose essentiellement d’origine romande, je suis saisi d’un doute : ce surcroit d’intérêt serait-il dû à une rapide extension du territoire de la francophonie ou ces statistiques cacheraient-elles autre chose ? Je sais pas moi, par exemple de l’extraction de minerai de phrases toutes faites pour en faire du pâté AOP ChatGPT.
Histoire de rigoler, je me suis décidé à appuyer sur le lien nauséabond que Google place en haut de la page à gauche. (J’ai installé une extension qui empêche l’apparition automatique des résultats produits par le vomitoir artificiel.)
Au mode IA, j’ai demandé : « Nicolas Esse, intéressant à lire ? »
Le grand dévaloir a pris quelques secondes de réflexion avant de recracher la réponse que voici : « Vous trouverez Nicolas Esse intéressant à lire si vous aimez les auteurs indépendants au ton original, la belle prose minimaliste et les univers légèrement marginaux. En revanche, si vous cherchez des thrillers à couper le souffle ou des intrigues purement commerciales, son rythme plus contemplatif et poétique pourrait moins vous correspondre . »
Il a ajouté, entre autres, ce saisissant résumé : « Ultranoir : Son deuxième roman adopte un style encore plus ciselé. L’auteur y applique une approche presque artisanale de l’écriture : il façonne ses phrases en retirant le superflu pour ne garder que l’essentiel. »
De cet belle diarrhée obtenue après l’ingestion forcenée d’extraits de textes, de critiques et de fiches de lecture, on pourrait tirer tout un tas de conclusions sur cet auteur éthéré mais un peu chiant, qui sculpte ses phrases au burin sur des plaques de granit.
Heureusement, au fond de la cuvette, avant de tirer la chasse, on peut lire l’avertissement adressé au lecteur sur la page d’accueil de ce blog :
« le tout garanti « sans aucune trace d’intelligence artificielle »«