Il faudra s’éloigner du monde construit, de l’asphalte, du béton gris et du verre poli. Laisser derrière soi la rumeur de la ville et des automobiles. Suivre la trace claire taillée dans la forêt. Ajuster sa foulée à l’humeur de la pente. S’asseoir à l’ombre. Reprendre son souffle. Boire. Effacer la sueur. Regarder vers le haut.
Repartir, son sac sur le dos.
Le monde se réduit à la prochaine pierre sur le sentier. Au prochain lacet. Au prochain replat qu’on espère sans le deviner. Plus aucun enjeu, plus rien à perdre et plus rien à gagner. Marcher dans l’instant, éprouver la chaleur, le vent, les taches de lumière, les milles couleurs du vert, les ombres qui s’allongent et le lit du lac étale, que les montagnes amoureuses ont préparé pour la nuit.
