Aitana Bonmati

En 2005, Aitana Bonmati avait sept ans lorsque qu’elle a été admise au CD Ribes, un club de football situé près de la mer, quelque part entre Barcelone et Tarragone. 400 garçons et une seule fille.
En 2023, elle remporte le Ballon d’Or. 162 centimètres obstinés, travailleurs, volontaires, mais aussi 162 centimètres de beauté, d’élégance et de pur génie parfois.

Le football est chose légère et devrait toujours le rester. Un terrain plat suffit. À bonne distance et en face, si possible, quelques mètres inscrits entre deux paires de gros cailloux et le jeu peut commencer. À l’autre extrémité, des milliardaires gominés vendent des pétro-dollars en échange d’exagérées cabrioles sur une pelouse chauffée à feu doux. Au milieu, des femmes qui jouent pour jouer et parmi elles, Aitana Bonmati. 

Le football est paraît-il surtout affaire d’entraînement, de répétition, de technique, de tactique. De formations en losange, de 4-4-2, de marquage à la cuissette, de profondeur ou de verticalité. On pourrait en déduire qu’il s’agit simplement d’appliquer ces belles consignes pour gagner. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans la plupart des cas. Des joueuses et des joueurs appliqués à faire ce qu’il faut pour avancer méthodiquement dans le camp adverse sans jamais rien risquer. 

Aitana Bonmati voit les choses autrement. Du point de vue d’un drone en vol stationnaire au-dessus du terrain. De là-haut, elle dessine des courses, des lignes de passes ou de tirs qu’aucune autre joueuse n’aurait imaginées. Et lorsque le ballon lui parvient, elle se trouve déjà dans le temps suivant, dans la fraction de seconde qui va advenir, qu’elle a déjà vue, vécue, elle sait exactement ce qui va se passer. Arrive alors un moment de grâce, un long mouvement fluide qui suspend la course des autres joueuses, un instant immobile où elle se glisse, vive, agile, feu follet étincelant, seul touche de couleur sur un fond vert devenu noir et blanc.

Aux femmes, le pouvoir

Avant de poser un orteil sur une bombe anti-personnel.
Avant de voir nos chairs pulvérisées en orbite stationnaire autour de la terre.
Avant qu’une vague géante ne recouvre le désert.
Avant de prendre un simple course pour aller sur mars.

Il existe une solution.
Toute simple.
Il suffit de renverser le monde des corbeaux habillés de trois pièces noires, de culbuter les oligarques en yacht, les généraux aux torses garnis de médailles, les capitaines de régiment, de l’industrie ou de la finance.

Tous ensemble et dans le même élan, fracassons les statues des commandeurs. Que vivent les commandeuses ! Enfin ! Hourra !
Bien sûr, les femmes sont des femmes, les fleurs, les couleurs, fragiles, petites, changeantes, trop féminines, leurs robes trop courtes, trop longues et bien trop masculines dans leurs pantalons. Elles parlent trop. Elles réfléchissent trop. Elles parlent sans réfléchir. Elles se chamaillent tout le temps.

Et d’abord qui va s’occuper des enfants ?

On pourrait étendre à l’infini la liste des clichés éculés. Décidément non, les femmes ne sont pas des hommes comme vous et moi ou alors peut-être, on ne sait pas. Reste une certitude : on ne trouvera chez elles aucun membre qui prend sa source entre les jambes.
Rien qui puisse engendrer un nouveau concours pour savoir qui a la plus grosse, la plus longue, la plus belle des bombes.

Mes souvenirs artificiels

Ça commence un soir, une nuit ou à midi. À la plage, à vélo ou alors au travail, les yeux quittent l’écran pour un minuscule instant et quelque part, tout au fond du noir se met à scintiller une petite lueur vacillante, des mots, une image ou un son comme un murmure qui efface le tableur rempli de chiffres, fige le mouvement de la souris et mes mains sur le clavier. 

Je ferme les yeux et mes oreilles au bruit du monde et je plonge au fond du noir. Sur cette photo phosphorescente et délavée par le temps, assis en tailleur, un petit garçon est penché sur un livre d’images. Je m’approche. Je regarde par-dessus son épaule. Sur la page de droite, au sommet d’un arbre, une feuille se détache et à côté une spirale, un trait enroulé, rapide, léger, raconte le tourbillon du vent. Au pied de l’arbre, minuscule, le corps écrasé par la perspective plongeante, un enfant, la tête renversée vers le haut, voit la feuille tomber. Je ferme les yeux et j’imprime le cliché dans l’espace photosensible de ma mémoire. Souvenir artificiel qui raconte un bout de l’histoire qui me suit jour après jour, semaine après semaine, depuis des mois, des années, comme un compagnonnage de longue durée. Nous cheminons ensemble, l’histoire et moi, on se perd de vue on se retrouve, par bribes, par lambeaux, on s’amuse, on rit parfois. Et devant moi, je sais que s’ouvrira bientôt cette immense plage de temps où je pourrai enfin ramasser tous ces éclats épars, les assembler, les ordonner, mettre un chiffre sous chaque page, du nouveau début jusqu’au mot fin.

Entre deux temps

On ferait mieux de s’arrêter.
Pendant qu’il est encore temps.
Temps de regarder.
De laisser le monde passer à toute allure autour de soi. Soi immobile. Soi juste content d’être assis là, sans parole, sans image, soi sans bruit. Quelques secondes pour rien, assis, tranquilles, pendant que le soir tombe et que s’estompe le bruit des automobiles. Le ciel laiteux couve un orage et les oiseaux frôlent la cime des arbres. Le vent hésite à faire avancer l’aiguille des secondes vers une autre minute, une autre heure, un autre jour. 

On ferait mieux de se blottir dans cet instant fragile et figé avant que le ciel ne se déchire et nous tombe sur la tête. Même les oiseaux ont arrêté de chanter. L’horizon sourd et gronde, la poussière du jour se soulève, brouille le regard, trouble le contour des collines au loin, met un grand coup d’estompe sur les bords du dessin.

Rester là, tranquilles, sans bouger, sans rien attendre ni rien espérer.

Larmes, carottes et brocolis

J’ai faim.
Il paraît que l’appétit diminue avec l’âge.
Je me demande bien qui a inventé ça.
J’ai faim et je me retiens. On finit de mâcher sa bouchée avant d’enfourner une deuxième cargaison de pâtes, de carottes ou de brocolis. Maman a dit. Oui, mais moi j’ai faim, maman, tu vois, je pourrais avaler un œuf ou un bœuf, c’est selon, c’est juste une expression.
Aussi, on ne mange pas la tête dans son assiette, en position de recherche de vitesse, histoire de réduire le temps de passage entre la bouche et la bouffe. On fait une pause. On se redresse. On regarde autour de soi. On tombe sur le regard d’une jeune femme assise dans l’angle de la salle et ce regard s’accroche à soi. À moi. Fixe. Long. Plat. Gêné je baisse les yeux. Sur sa table, rien. Pas d’assiette, pas de fourchette, pas de couteau. Pas même un verre d’eau. Ici, tout le monde mange et tout le monde boit. L’heure de midi est remplie d’estomacs. Le buffet ne désemplit pas. Entrecôtes. Cordons bleus. Filets de carrelet. Légumes. Pâtes à la carbonara. 
Je replonge le nez dans mes légumes. Brocolis. Carottes. Pâtes aussi. J’essaie mais c’est plus fort que moi, je sais bien, elle est toujours là, en diagonale, à quatre ou cinq mètres, seule, devant sa table vide, son regard fixe encore, pas une invitation, non, une question, un appel, à quoi, je ne sais pas. 

Un mot suffirait peut-être.
Un mot, c’est ça.
Quelque chose comme : «Ça va aller, ne vous en faites pas. .»
Ou alors : «Tout va bien, madame ?»
Ou peut-être un geste, juste un geste de regret, un signe de la main pour dire désolé, il faut que j’y aille, je suis attendu au travail.

Je n’ai rien fait de tout ça. Je me suis levé. J’ai rangé mon plateau et je suis parti en ayant l’air de rien, en faisant comme si je n’avais rien vu, rien compris à ce regard que j’ai déjà croisé quelques fois en d’autres temps, en d’autres lieux.
De peur d’avoir mal interprété, de peur de m’être trompé.
De peur d’avoir eu raison, de ne pas savoir comment faire pour empêcher les larmes de couler.

Ensevelissement

Parfois l’été revient. 

L’air presque immobile est chargé de parfums. Un bruit de monomoteur paresseux survole la nappe à carreaux du dimanche. Des oiseaux invisibles et stridents racontent par avance la solitude des cours d’école sans écoliers, le désert des terrains de jeux abandonnés. Un peu plus haut dans le cours des années, les murs brûlés, le gravier desséché et les hautes herbes fardées de blanc. 

Tchip. Tchip.
Toujours le même chant. 
Le même temps.

Bientôt juin et le sommet du jour. Tout recommence et pourtant, derrière la façade du ciel la-haut, les nuages se lézardent en hurlant. L’eau du ciel plus l’eau de la fonte des neiges éternelles, trop d’eau qui ruisselle, s’infiltre au plus profond des failles invisibles, jusqu’au coeur de la roche qu’elle ronge, millimètre par millimètre, inlassablement.

Un bloc se détache, puis deux. Une cascade se forme, se transforme en torrent, avalanche, explosion de poussière, pour finir en tremblement de terre.

Au fond de la vallée, un village tout entier devient cimetière.

La petite fille au rouleau de bonbons

Paru le 16 février 2025.
En mémoire de la fille palestinienne morte avec un rouleau de bonbons dans sa main, tuée par un raid israélien, le 20 décembre 2023 à Khan Younis.

Dans la banlieue animée de Kahn Yunis, lovée au cœur de Gaza, naquit une petite fille. Elle grandit entourée de l’amour de son père (son baba) des soins de sa mère et de ses frères et sœurs – son univers, résumé à la simplicité de leur modeste logement. Chaque semaine, après la prière du vendredi, ils marchaient en famille vers la mer de Gaza, chaque pas un rituel précieux. Leur foi et leur amour réciproque résonnant à chaque écho de l’appel à la prière.

La jeune fille avait un lien fort et affectueux avec son baba. Par jeu, elle s’amusait souvent à faire semblant de se noyer pour l’attirer dans l’eau et la sauver en faisant appel à son désir instinctif de la protéger. Ensuite ses petites mains serraient bien fort les solides bras de son baba pendant qu’il la soulevait très haut dans le bleu infini du ciel de Gaza. Elle adorait le contact des grains de sable sous ses pieds et le pétillement frais de la mer sur sa peau alors qu’elle dansait et que les ondulations de l’eau reflétaient son bonheur.

Elle ne savait pas du tout que sa bien-aimée Gaza était une prison à ciel ouvert, isolée et confinée depuis plus de dix ans. Au-delà des hauts murs qui marquaient ses frontières existait un monde invisible et inconnu d’elle – un monde interdit qu’elle ne pourrait jamais découvrir.

En semaine, elle portait fièrement son sac d’école rose et marchait avec ses frères et sœurs dans les rues étroites de Khan Yunis. Elle aimait aller à l’école et rêvait de devenir institutrice. Elle restait des heures devant le tableau noir en dessinant de grandes lettres de l’alphabet, des fleurs et des cœurs esquissées avec soin dans ses tons favoris de rose pastel et de bleu.
Sur le chemin du retour, elle s’arrêtait souvent chez son marchand de bonbons préféré. Elle était fascinée par l’étalage de friandises multicolores, mais elle revenait toujours vers les rouleaux de bonbons aux tons pastel. Ils lui rappelaient ses rêves, ses rêves couleurs pastel. Avec la pièce d’un shekel que son papa lui avait donnée ce matin-là, elle voulut acheter deux rouleaux de bonbons, alors qu’elle ne pouvait en acheter qu’un seul.
Tout en admirant ses magnifiques tresses et les barrettes roses et bleues qui ornaient ses boucles, le propriétaire de la boutique lui offrit deux rouleaux de bonbons. Le premier qu’elle pourrait savourer ce jour-là et l’autre, dit-il, elle pourrait le garder pour le jour où elle aurait faim et qu’il n’y aurait plus rien à manger. La petite fille le regarda, surprise, mais trop contente de serrer deux rouleaux de bonbons dans ses petites mains.

Elle rentra bien vite chez elle en dansant de bonheur. Impatiente de montrer le cadeau du magasin de bonbons à son baba. Elle défit lentement l’emballage, savourant chaque bonbon rose vert et bleu, admirant leurs couleurs avant de les goûter. Cette nuit-là elle s’endormit en rêvant d’un magnifique ciel bleu et d’un arc-en-ciel aux couleurs pastel et rempli de papillons. Mais quand vint le matin elle fut réveillée par de lourds bruits de tonnerre qui remplissaient l’air. Elle courut vers son baba pour aller se réconforter dans ses bras. Son père la rassura et lui promit que tout allait bien se passer. 
Le bruit des sons lourds se prolongea pendant des jours et les couleurs vives du monde extérieur furent peu à peu remplacées par une palette de gris. Disparu le ciel bleu de Gaza, remplacé par une atmosphère morne et sombre. Les fenêtres de leur petite maison étaient brisées et elle ne pouvait plus voir les belles couleurs du monde extérieur.

Vendredi à nouveau ; elle pouvait entendre l’appel à la prière de midi. Elle courut vers son baba et le supplia de l’emmener à la mer encore une fois. Sa maman lui avait donné un peu de pain et deux olives mais elle avait encore faim. Son baba lui dit : “Tu te souviens de ton rouleau de bonbons ? Va le chercher. On pourrait peut-être aller à la mer cet après-midi si tous ces gros bruits veulent bien s’arrêter ?” Son baba savait bien que les bruits n’allaient pas s’arrêter. Il savait qu’il ne pourrait plus emmener sa petite fille à la mer de Gaza.
La petite fille revint en courant vers son père, le rouleau de bonbons encore intact dans sa main. Son baba la regarda : “Mange les bonbons maintenant, avant d’aller à la mer !” Mais la petite fille refusa. Elle voulait ouvrir l’emballage quand ils seraient arrivés à la mer de Gaza. Son père acquiesça et promit de l’emmener bientôt. Ainsi, elle serra bien fort le rouleau de bonbons et se blottit dans les bras de son père. Pendant un court instant, tout devint calme.

Elle finit par s’endormir, serrant toujours dans sa main le rouleau de bonbons et rêvant du jour où ils retourneraient à la mer.

Traduit de l’article
https://certioraris.com/2023/12/23/in-memory-of-the-girl-with-the-candy-roll-in-her-hand/

https://certioraris.com/

Le cours du missile

Communication du Center for Strategic and International Studies.
Une batterie de missiles Patriot Pac-2 coûte environ 1 milliard de dollars.
En outre, chaque missile Patriot coûte 3 à 4 millions.
Enfin, le lanceur de projectiles, estimé à 10 millions.

Compter, disons une centaine de missiles et quelques lanceurs, ça nous fait environ un milliard et demi de dollars pour le pack complet et prêt à l’emploi. Beaucoup d’argent pour une fusée à usage unique. Un seul coup et boum, plus rien, enfin presque plus rien. Une collision de trajectoires. Une explosion. Des yatagans de métaux rares mélangés à des combustibles hautement inflammables qui retombent en chandelles du haut des strapontins du ciel. Notre Mère qui êtes aux cieux, sentez-vous de ces flammèches l’onde de chaleur lécher le bout de vos orteils ?
Il n’y a plus personne là-haut. Notre Mère s’est barrée, fatiguée, écœurée par des siècles et des siècles d’avidité, de veulerie, d’absolue connerie. De l’éternel concours de bites entre aspirants maîtres du monde qui transforment une terre fertile en un champ de ruines couvert de cimetières. Tous des mâles bien sûr, bien montés, bien assis sur des tombereaux de fric pour bien tout réduire en poussière.

Donc, 1 milliard et demi de dollars multiplié par combien de Patriot Pac-2 ? Mille ? Cent mille ? 1 million ?
Allez savoir, quand on aime on ne compte plus le nombre de zéros nécessaires à maintenir la guerre dans le monde.
Heureusement.
Sinon, qu’est-ce qu’on ferait de tous ces sous ?

Page Cinquante-Neuf (12)

Paul reposa le livre sur le ventre, appuya bien fort sur le dos pour qu’il ne fasse pas mine de se redresser. Le refermer ou pas ? Rien de vraiment exceptionnel jusque-là. Et ce dernier dialogue, vraiment… Certains écrivains devraient quand même prendre le temps d’aller vivre en réalité.
Une réception.
Deux hommes se rencontrent pour la première fois. Quelques secondes plus tard, le premier au prénom bizarre a deviné que le deuxième est un marathonien. Comment ? On ne sait pas. Un voyant, sans doute, extra-lucide au point d’indiquer avec précision le temps de passage de son vis-à-vis au kilomètre quarante-deux plus quelques décamètres. Ensuite, ces inconnus conviennent d’un rendez-vous fixé au lendemain pour évaluer leur capacité à courir vite et longtemps. Et après ? Ils se marient et ont beaucoup d’enfants ? Pas possible : on n’a jamais vu deux mâles, même très bien montés, mettre un bébé sur orbite. Pourtant, à la fin du chapitre suivant l’auteur révèlera la véritable identité de Daan qui, pour les intimes et l’état-civil, répond au très onctueux prénom de Daanette.
Paul hésite. Il ne sait pas. Lecteur intense et appliqué, il espère toujours que la suite sera à la hauteur, qu’il découvrira peu à peu la face cachée des personnages pendant que l’intrigue se complique, se ramifie, l’entraîne vers des endroits encore inconnus de lui. Voyager, surfer la surface des pages, glisser sans trop de hâte vers ce territoire blanc et suspendu, tout au fond, à droite. L’atteindre enfin pour se précipiter de l’autre côté, découvrir un nouveau versant de l’histoire. Vivre un million de vies, pleurer ou rire. Avoir peur. Avoir mal aussi.


Page Cinquante-Neuf (11)

Il ne me donna pas le temps d’une réponse.

_ Laissez-moi deviner. Coureur, n’est-ce pas. Longue distance. Marathonien peut-être ?

Je hochai vigoureusement la tête, plusieurs fois, de haut en bas. D’un seul coup, son visage s’illumina, le masque plastique fit place à de la peau, les yeux s’éclairèrent et le trait rectiligne qui séparait ses lèvres s’arrondit en un large sourire. J’eus un mouvement de recul. On n’a pas souvent l’occasion de voir une statue de cire se transformer en un être vivant. 

_ Donc marathonien. Je vous vois aux environs de quatre heures. Toujours juste au-dessus.
_ À Berlin, j’ai fait 4:08.
_ Berlin, je suis impressionné. Londres aussi ?
_ J’ai fait Londres et New-York, une fois.
_ Je peux vous faire franchir la barre des quatre heures. On dira demain soir, à l’horloge fleurie, disons 18 heures. 20 kilomètres pour voir votre foulée, votre appui, la poussée et la tenue du bassin. Ensuite on commence la préparation.
_ C’est que demain soir…
_ Oui, demain soir ?
_ Rien. Demain, 18 heures. Je peux avoir votre numéro de portable, au cas où.
_ Soyez à l’heure et soyez prêt. Il n’y aura pas d’échauffement.