
Marie-France Vouilloz Burnier est docteure en Sciences de l’Éducation. Elle a consacré l’essentiel de ses recherches à la condition féminine et au domaine de la santé. Son territoire, c’est le Valais, un canton suisse qui partage les plus hautes montagnes des Alpes avec la France et l’Italie.
Son dernier livre, À l’ombre de la Dixence, donne la parole aux femmes d’Hérémence, un village de ce canton montagneux. Ces témoignages reviennent sur les années où les hommes ont quitté leurs familles pour aller construire les barrages de la Dixence et de la Grande Dixence. Leurs maris absents pendant de longues semaines, les femmes d’Hérémence se retrouvent face à de multiples obligations qui vont du fauchage des prés à la couture en passant par l’entretien du bétail, les travaux des champs, et l’éducation. Elles expliquent en peu de mots comment elles se sont organisées pour faire le travail laissé par leurs hommes partis couler du béton. La recette est simple. Se lever à 5 heures du matin et se coucher quand on n’en peut plus. Elles disent le froid intense qui règne en hiver dans les intérieurs dépourvus de chauffage et d’eau courante. Les charges qu’il faut porter. Les grossesses à répétition, les familles nombreuses. L’apparition du robinet qui remplace le seau. L’arrivée des salles de bains et surtout des toilettes. La révolution de la machine à laver. Les premiers métiers : sage-femme, institutrice, infirmière.
Ce livre visite un passé proche. Nées entre 1909 et 1936, ces femmes d’Hérémence nous parlent en direct, on peut aussi les voir dans le DVD inclus et réalisé par Anne Zen-Ruffinen. A l’ombre de la Dixence porte bien plus loin que les montagnes qui entourent son barrage. Ces témoignages sont un rendu photographique de la condition féminine, il y a quelques années à peine. Un temps où les femmes d’Hérémence travaillaient en silence. Marie-France Vouilloz Burnier leur redonne la parole.
Aujourd’hui, les femmes sont toujours moins égales que les hommes. En lisant ce livre on comprend mieux pourquoi.
À l’ombre de la Dixence, aux Éditions Monographic.
http://www.monographic.ch/php/content/nouveautes/livre.php?id=229
Le 14 août.
Il s’agit d’un best-seller étatsunien. Le titre, c’est « Wealth, War and Wisdom » autrement dit « Richesse, Guerre et Sagesse » avec des majuscules pour faire plus lourd. J’ai vu un résumé en cherchant autre chose sur la grande toile. L’auteur s’appelle Barton Biggs. Les gourous économiques étatsuniens le placent dans l’élite des 10 meilleurs stratégistes vivant sur cette planète bleue qui déteint. Donc, nous avons affaire à la crème de la crème économico-financière, le gars qui tient les manettes du pognon dans ses petites menottes remplies de bagues en or massif.
Je regarde parfois les gens à table dans les restaurants. À part les solitaires et quelques couples silencieux qui mangent en regardant le vide, tout le monde parle.
Pas que refuse d’apporter ma contribution au financement de la route et du rail, mais la Confédération qui m’héberge avait exagéré. Vraiment. Trop c’est trop. J’ai pris mon téléphone et appelé le fisc. Obtenu une audience avant de sombrer corps et biens. J’arrivai livide et prêt à livrer mon dernier combat. On me laissa mijoter un peu dans une antichambre ouverte à tous vents. Il y eut un bruit de porte et un quarantenaire chaleureux apparut pour me tendre une main franche et vigoureuse.
Quelques minutes ont suffi pour passer de la déclaration à la confession. Je suis venu à genoux implorer la clémence de l’Administration et me voilà au chevet d’un contrôleur des impôts habité par le doute.
Le contrôleur des impôts secoue la tête. Il interroge du regard l’écran blanc de son ordinateur.
C’était écrit en gras et en travers sur la première page : « CHOISIR SA MORT. »