ISEULT : Qui c’est ?
LE FLEURISTE : C’est le fleuriste.
ISEULT : Qu’est-ce que c’est ?
LE FLEURISTE : Des roses rouges avec des cœurs rouges. Pour la St VALENTIN!
ISEULT : Oh, mon chéri, c’est tellement original, tellement romantique.
TRISTAN : Mais non chérie, c’est rien, il faut que notre amour éclate sur le monde comme une bombe anarchiste.
ISEULT : Oh, mon chéri, c’est tellement beau ce que tu dis que je sens mes sens s’embraser. Oui, mes sens sont tout à fait embrasés. Viens maintenant.
TRISTAN : Alleluia ! Noël ! À nous les femmes qui fument.
ISEULT : Oh oui, encore. Un peu plus à droite. Encore. Non. Trop à droite
TRISTAN : Ben, faudrait savoir.
ISEULT : 1 degré à gauche. Doucement. STOP. OH OUI.
ISEULT & TRISTAN : Râh. Âah. Oh oui. OUI. OUI! EXTASE ROMANTIQUE!
TRISTAN : Alors, heureuse ?
ISEULT : Mieux, amourheureuse.
TRISTAN : Il faut virer le type qui écrit les dialogues.
LE FLEURISTE : Ces messieurs-dames ?
TRISTAN : Quoi encore ?
LE FLEURISTE : Les fleurs, je les mets où ?
TRISTAN : T’as pas entendu notre moment romantique ?
LE FLEURISTE : Ah ben ça, faudrait être sourd…
TRISTAN : Alors, maintenant que j’ai tiré mon coup, tu remballes tes tulipes à deux balles et tu te barres. COMMERCANT!
La crise financière pour les nuls
Putain, déjà une année!
Vous vous souvenez ? La crise financière! Les banques jusqu’aux genoux dans la Bérézina. Le capitalisme au bord du hara-kiri ? Il y avait eu un ennui. Les banquiers avaient dépassé beaucoup trop d’argent. Ouh là là. Il y avait comme un gouffre, un immense trou dans les coffres. Alors vous avez été réquisitionnés pour mettre votre argent dans le trou. Des tas de milliards. Aujourd’hui, heureusement, les banquiers respirent la santé et la joie de vivre. Ils achètent des Bentleys par brouettes entières. Et vous, vous attendez qu’on vous rembourse votre pognon. Mais voilà. Ca va pas être possible ma bonne dame. Le pognon, il est plus là. Disparu.
Alors là, c’est le comble. Vous exigez des explications, vous demandez à voir le banquier. Il n’est pas là. En conférence à Davos où il « redessine le monde de l’après-crise. »* Vous insistez. La secrétaire vous envoie le porte-parole de la banque. Il va tout vous expliquer. Il arrive dans son costume anthracite et un brushing en platine. Il s’assied en face de vous. Il a le regard clair et la mâchoire tranchante. Les mains rasées de près. Et une montre grosse comme le poing. Un enfant de deux ans lui tendrait sans hésiter ses petites menottes pour lui confier sa tirelire. Et lui, la prendrait sans hésiter. Laissez venir à moi les petits enfants.
L’expert entame son explication. Pendant qu’il parle et donne tous les détails du casse du siècle, je fais un résumé, on n’a pas que ça à faire, il faut aller bosser huit heures par jour, et même plus.
Alors, résumé. Les banques vous empruntent de l’argent, ou alors, à l’État, mais l’État c’est vous. À 0%. De l’argent gratuit. Ensuite, elles revendent cet argent à 5, 7, 10, 15, 20% pour que vous puissiez acheter des écrans plats ou des maisons en forme de camembert pas mûr. Quelques fois, elles montent jusqu’à 30, voir plus %, en faisant des trucs un peu plus compliqués, mais le principe reste le même. Vous suivez ? C’est simple. La banque achète de l’argent gratuit et le revend jusqu’à, disons 40% plus cher. Après, la banque veut gagner un gros tas de fric et propose à tout le monde d’acheter une maison. Les gens se disent « Ah ouais, génial! » et achètent une maison. Après ils font les comptes, des fois ils perdent leur emploi et tout à coup ils ne peuvent plus rien payer du tout, surtout pas les 40% supplémentaires. La banque s’en fout. Elle veut son pognon. Pas de pognon ? Pas de maison! Dehors! Et tout à coup, des tas de gens se retrouvent dehors, sans pognon. Et après, c’est les banques qui se retrouvent sans pognon. Et après, c’est la crise financière mondiale. À la fin, on prend le pognon qui vous reste pour le donner aux banques, parce qu’un monde sans banque, c’est comme un bonhomme de neige sans poisson rouge.
Voilà en gros le résumé de l’histoire. Mais les banquiers sont des gens extrêmement soucieux de leur réputation. Ils ont de grands bureaux en bois d’acajou et on n’est pas là pour rigoler. Alors, pour que personne ne comprenne comment le pognon a disparu, les banquiers ont inventé de nouvelles histoires et des mots nouveaux et abscons, des expressions comme « too big to fail », « actifs toxiques, « illiquide » ou « risque systémique ».
Moi, j’ai beaucoup aimé illiquide, aussi clair-obscur qu’une peinture du Caravage. Heureusement que Wikipedia nous apprend qu’illiquide vient de liquide avec le préfixe privatif « il ». Un adjectif pour dire : « qui ne permet pas une conversion facile en argent liquide. » Wikipedia se doute qu’on n’a pas compris et se fend d’un exemple pour éclairer nos lanternes : « Au quatrième trimestre 2008, Crédit agricole SA a accusé une perte de 309 millions d’euros, qui aurait été plus profonde si le groupe n’avait pas, comme ses concurrents, reclassé certains de ses actifs illiquides. »
Vous saisissez mal le langage technico-financier. Alors, je traduis en langage pour tous les jours. Illiquide, c’est quand un banquier prend un bout de papier anonyme. Il imprime dessus de très jolis dessins en quadrichromie. Il met une couche de tampons officiels. Une couche de signatures officielles. C’est très beau. Ensuite, il dit que le papier vaut de l’argent mais c’est juste pour rire, on dirait qu’il fait semblant. Exactement comme quand on imprime des faux-billets. Je me demande bien qui a donné la permission d’en fabriquer au kilomètre, du papier illiquide, qui se reclasse mais ne se revend pas.
En plus, avec toutes ces encres toxiques, on peut même pas se torcher avec.
* »Redessiner le monde de l’après-crise » était le thème officiel du World Economic Forum de Davos en 2010. En gros, les banquiers qui ont organisé cette petite crise financière mondiale se sont retrouvés à Davos pour organiser la prochaine crise financière mondiale.
Sous la jupe des lettres rondes ou carrées
Mon fils de 19 ans termine son collège, lycée, gymnase, pour obtenir sa maturité ou son bac, comme vous voudrez, je traduis pour le monde entier. La dernière année d’études comprend un travail de maturité – ou de bac – sur un sujet plus ou moins imposé. Là, il s’agit de réchauffement climatique et d’inondations. Mon fils a établi un questionnaire sur le sujet, qu’il a distribué autour de lui et que je dépouille pour en tirer les jus essentiels et des diagrammes en forme de camemberts pas mûrs. Comme il s’agit d’un travail scientifique, j’ai procédé avec méthode. J’ai pris tous les questionnaires et fait quatre piles. 4 catégories d’âge, en gros :
1) Les adultes en voie de développement
2) Les adultes en voie d’accouplement
3) Les adultes en voie de vieillissement
4) les adultes en voie d’achèvement
Toujours pénétré de rigueur spartiate, je commence avec les jeunes et fais un tas avec les questionaires retourné par les participants de 0 à 20 ans. Je commence mon travail de fouille. Et là, la stupéfaction me prend à la gorge. Je n’y crois pas. Je regarde encore. C’est un choc visuel. Je regarde l’écriture. La calligraphie. Stupéfiant. 33 adolescents ont retourné le questionnaire.
Chez les 16 adolescentes je vois une écriture pratiquement identique. Des lettres bien liées, rondes, pleines, régulières, dessinées avec soin. C’est chou.
Les 17 adolescents écrivent n’importe comment, montent, descendent, certains s’étalent, d’autres explorent la verticalité ou la diagonale aléatoire. Le dessin des lettres relève de l’esquisse et même de l’éllipse pour les plus pressés. C’est le bordel.
Pourtant, toute cette belle jeunesse a été scolarisée dans la même région, avec les mêmes enseignant(e)s utilisant les même méthodes d’enseignement de l’écriture.
Au final, les filles, les garçons et le mur de Berlin au milieu.
Sous la jupe du crépuscule
Filles dorées et garçons charnus.
Je vous demande pour une fois de lire ce qui suit avec une extrême attention. Pour ceux que l’écran incite à la lecture rapide, imprimez cet article et lisez à feu doux. Pour les autres, prenez votre tête dans vos mains mon cousin.
Nous allons pour une fois quitter l’anecdote et monter toucher la philosophie. Tout le monde est prêt ? OK, alors voici mes questions : pourquoi le coucher de soleil est joli ? Pourquoi le soleil flamboie ? Pourquoi le ciel poudroie ? Pourquoi l’instant d’avant tout est orange ? Pourquoi l’instant d’après tout est violet ? Et pourquoi ce dégradé de couleurs de l’orange sanguine à l’oultremer.
Vous dites ? Oui ? La réfraction de la lumière! La direction des rayons qui franchissent l’atmosphère à un angle alpha. Les rayons qui sont déviés sur une trajectoire béta. Les couches gazeuses. Stop! La physique, la chimie et l’optique, c’est très cool, vraiment. La réfraction, la diffraction, célébrons les mots en « ction » qui sont riches en glucides lents. Tout s’explique et même le reste. Il suffit d’un cerveau supérieur, d’une éprouvette graduée et d’un ordinateur piloté par ordinateur pour décrypter les phénomènes optiques les plus sophistiqués. La technique, c’est du nougat. Alléluia.
Mais alors pourquoi c’est beau ? Le soleil aurait pu juste se casser la gueule au fond du ciel sans faire un fromage. Sans envoyer un feu d’artifice superflu qui oblige des millions d’humains à faire des millions de photos. Un ingénieur aurait réglé la chose sans états d’âme. 18h57 le soleil est là. 18h58 le soleil n’est plus là. Une minute, c’est le jour. La minute suivante , c’est la nuit. Bonne nuit les petits.
Pourquoi faire beau quand on pourrait faire rien ?
K, histoires de crabe
C’est une femme, MDA, qui raconte l’histoire de son crabe. Un crabe rouge qui ronge son intérieur. Le crabe se goinfre. Quand il relève la tête, MDA regarde le crabe droit dans les yeux.
« Ce n’est pas si terrible. Je vais mourir bientôt. »
La résurrection du cimetière
Il faut se rendre à l’évidence. Les cimetières sont très peu fréquentés par les vivants.
Pour les morts, je ne dis pas. Mais les vivants préfèrent aller voir un bon match de football ou regarder les gens mourir à la télévision. Et même à la télévision, on néglige la mémoire des défunts : les méchants arrivent, posent des bombes à retardement et ouvrent le feu sur la population. Les gentils arrivent et ouvrent le feu sur les méchants. On dénombre 45 cadavres. Cut.
La scène suivante s’ouvre sous un arbre avec un plan panoramique sur un cimetière un jour d’été. Une assemblée vêtue de noir regarde le cercueil noir qui descend dans le trou noir. Derrière l’assemblée, une silhouette noire sort d’un 4X4 noir. Le flic s’avance alors que la famille éplorée reçoit les messages de l’assemblée dévastée. Le flic s’incline devant la veuve. Très sobre, il lui présente ses condoléances et lui demande de passer à son bureau demain à 5 heures. Cut.
Dans la scène suivante, on passe immédiatement dans le bureau du flic où la veuve attend. Personne n’a pensé à un plan fixe, juste 2 secondes où la caméra s’arrêterait devant la pierre tombale.
Le problème des cimetières, c’est justement ça : le manque d’action. Le manque de résurrection.
Il ne s’agit plus d’attendre la venue d’un hypotétique messie. La vie doit revenir dans les cimetières. Prenons le contre-pied des scénaristes américains et arrêtons-nous longuement devant une pierre tombale. Nous découvrons une vaste étendue verticale de marbre brillant, à peine entamée par un prénom souvent très bref, suivi d’un nom de famille souligné de deux dates. Il reste une surface considérable, un espace inutilisé, alors que nos usines fabriquent des écrans électroniques aussi fins qu’une feuille de cellophane. Collez l’écran souple sur le marbre froid. Tissez un réseau d’ondes entre les tombes et vous obtenez le premier cimetière interactif. On remplace les carrés confessionnels par les carrés professionnels, et vous livrez un produit segmenté et prêt à la consommation. Le carré des footballeurs avec leur site internet, web TV, news en direct : « À la mémoire de Maradona qui fêterait aujourd’hui ses 124 ans. » Le carré chobiznesse : « Aujourd’hui, Madonna fête ses 124 ans. » Le carré cuisine : « 124 plats sortis du four. » Le carré eau minérale compterait 40’000 amis. Mille fois moins que le carré boisson alcoolisées et ses 40 millions de sympathisants qui retrouvent chaque soir leurs chers disparus pour prendre l’apéro. La visite du cimetière devient une expérience sociale ou des amis se regroupent par affinités et par centres d’intérêts. Un peu comme si on sortait de chez nous pour jouer à facebook pour de vrai.
L’horoscope de la femme Verseau
Chère fille du 21 janvier au 18 février
Le règne de la femme est arrivé. Mesdames, nous saluons aujourd’hui l’avènement de la grâce, de l’ordre et de l’harmonie enfin retrouvés.
Contrairement à leurs camarades mâles, un ramassis hétéroclite de branques brinquebalants, (voir l’horoscope du garçon Verseau) les filles du Verseau forment un groupe homogène et conforme à l’étiquette astrologique qui veut que chaque signe détermine les caractéristiques de sa population. C’est comme ça que l’astrologue divise le monde habité en douze tranches et retrouve ses petits.
Par exemple. Toutes les filles Balance balancent. Elles ont le cheveu blond, roux, brun, parfois noir profond. Elles ménagent la chèvre et le chou et finissent mangées par le loup. Ça s’appelle le déterminisme astrologique. C’est comme quand papa a les yeux bruns et maman les yeux bleus. Alors bébé aura les yeux rouges.
On attend donc de la fille du Verseau la même rigueur que toutes les filles de tous les autres signes. Qu’elle montre un front uni et forme un groupe uniforme. Après on étudie, on médite, on plonge dans l’analyse typologique, on décrypte les transports célestes. D’un seul coup les cieux se déchirent et l’horoscope universel apparait dans l’embrasure du monde.
Pour la fille Verseau, nous touchons à la perfection. Une population plus homogène qu’une mayonnaise montée à la main. Au point que j’ai du réécrire cet article pour m’adapter à cette situation particulière. En effet, dans le but louable d’illustrer mon propos, je voulais créer deux catégories : à ma droite les actrices; à ma gauche, les chanteuses. Au centre une barrière en bois. Eh bien, impossible. Dans le monde des filles Verseau, les chanteuses jouent et les actrices chantent. Je vous vois dubitative. Vous voulez des preuves ? Des faits concrets ? Des noms ? Il suffit de demander.
Dans le groupe des chant’actrices, nous trouvons : Yoko Ono (18.02.1933), Lolo Ferrari, (09.02.1963,) Paris Hilton, (17.02.1981), Mary Quant (11.02.1934), Clara Morgane (25.01.1981), Jeanne Moreau (23.01.1928) et Philippe Candeloro (17.02.1972)
Déjà, au physique, la ressemblance est frappante. Observez ces sept femmes alignées sur un fond blanc. De face, c’est bien simple. On dirait des jumelles. De profil, c’est différent. On dirait qu’il y en a une qui dépasse. Rien de grave. C’est la nature. Analysons maintenant le chant et le jeu. Toutes excellent dans les deux disciplines. Yoko Ono peut rester plusieurs semaines dans son lit sans jamais cesser de faire chanter son mari ou son fils. Paris Hilton peut rester plusieurs mois dans son lit en caressant son chihuahua rose. Lolo Ferrari pouvait rester allongée sur le dos. Elle nous a quittés juste avant que sa voix de gorge profonde résonne dans les films de Clara Morgane. Exactement comme Jeanne Moreau qui dort comme une femme et chante comme un homme. Enfin, Mary Quant a inventé la mini-jupe pour que toutes ces dames alignées sur un fond blanc transforment les hommes en épagneuls bretons. Toutes ? Non. À l’extrémité du groupe, Philippe Candeloro s’obstine à porter une combinaison en jersey fabriquée durant le premier épisode de la Guerre des Étoiles.
Il y a toujours un mouton noir.
L’horoscope de l’homme Verseau
Cher garçon du 21 janvier au 18 février.
Il fait vraiment froid. Une bonne occasion pour oublier les règles de la courtoisie. Pour l’horoscope des natifs de ce mois glacé, nous commencerons donc par les garçons. Les filles peuvent attendre dehors.
Messieurs du Verseau, ça ne va pas du tout. Pour tout dire, c’est la chienlit. Il règne dans votre aimable confrérie un bordel innommable. Un signe astrologique produit normalement une population homogène. Des types qui se ressemblent au physique. Au moral aussi. Et vous, que faites-vous? Vous vous asseyez sur le principe fondateur de l’astrologie. Vous foulez au pied les règles millénaires de cette noble entreprise qui consiste à ranger tout le monde dans douze signes chronologiques. Vous croyez que j’exagère? Jésus. Ils croient que j’exagère. Il existe des preuves. J’ai les noms, mais pas le temps pour dénoncer tout le monde. Juste pour la démonstration, nous allons prendre au hasard. À ma main droite les musiciens. À ma main gauche les politiciens. On s’active. Que chacun choisisse son camp une bonne fois pour toute. Ça y est?
OK, dans les hommes politiques nés sous le signe du Verseau, nous avons:
Nicolas Sarkozy (28.01.1955), David Douillet (17.02.1969), Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, duc de Brissac, Paco Rabanne (18.02.1934), Bob Marley (06.02.1945) et Sacha Distel (29.01.1933).
Franchement, les gars du Verseau, vous déconnez. Il faut 4 Sarkozys pour remplir un Douillet. Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, duc de Brissac, est né à Paris, le 14 février 1734, et meurt assassiné à Versailles, le 9 septembre 1792 alors que Paco Rabanne est toujours vivant après sa fin du monde en l’an 2000. Bob Marley a concentré l’essentiel de sa pensée politique dans la confection de cigarettes à la marijuana, et pour Sacha Distel, je me demande s’il ne s’est pas trompé de groupe.
Les musiciens, c’est encore pire. Qui trouvons nous dans ce bric-à-brac ? Wolfgang Amadeus Mozart (27.01.1756), Mike Brant (02.02.1947), Django Reinhardt (23.01.1910), Alice Cooper (04.02.1948), Sacha Distel (voir plus haut) et Stéphanie de Monaco. (01.02.1965)
La personne qui peut fournir la preuve formelle de l’existence d’un point commun entre Wolfgang Amadeus Mozart et Mike Brant (La mort prématurée est le résultat d’une coïncidence et pas un point commun.) recevra l’intégrale de l’œuvre de Stéphanie de Monaco dans l’édition de la Pléiade. Jango Reinhard jouait de la guitare. Alice Cooper joue avec un boa. Je constate avec satisfaction que Sacha Distel a intégré le concept de la différenciation des sexes. Contrairement à Stéphanie de Monaco. Stéphanie, cours rejoindre les filles, de l’autre côté de la barrière. Dans le prochain horoscope Verseau, promis, on va s’occuper de toi. Maintenant, laisse jouer les garçons.
Alors, s’il vous plait. Les garçons verseaux, un peu de discipline. On va pas pouvoir travailler dans ces conditions. Il faudrait vous décider. Se fixer sur un modèle précis. Sarkozy OU Douillet. Alice Cooper OU Stéphanie de Monaco. Et aussi, éviter de mélanger les hommes et les femmes. Voilà. Reprenez-contact avec moi dès que vous aurez terminé. Ceci est un horoscope universel. Pas l’arche de Noé.
Jésus revient. Pour vous flinguer. 1ère partie
Nous sommes en l’an 27 après Lui.
Jésus est beau. Une cascade de boucles blondes inondent son visage préraphaélite. On dirait Robert Plant au début de Led Zeppelin. Il sillonne les territoires pas encore occupés avec son groupe. Les foules subjuguées le suivent sur les collines arides où rien ne pousse. Alors il fait pousser le pain et le poisson. Les foules s’empiffrent en attendant la distribution de café et d’alcools interdits. Pendant que ses ouailles ont la bouche pleine, Jésus parle en disant finalement très peu de conneries.
Bon, c’était il y a 2000 ans et depuis, on a eu des tas de choses à faire, inventer la télévision et les émissions où une présentatrice mammaire fait bander la roue de la fortune. Il est donc parfois nécessaire de revenir aux jours anciens et d’exhumer les papyrus fragiles où les scribes ont retranscrit en direct les paroles du divin enfant.
Jésus a dit. Par exemple : « Tu ne tueras point. »
Formule trapue, qui laisse très peu d’air à l’exégète. Interdiction de tuer pour tous. Partout. Tout le temps. C’est clair?
– Et si, j’ai quand même envie, juste pour faire briller mon gros calibre?
– C’est non.
– Et si mon voisin fait rien qu’à m’embêter?
– C’est non.
– Et s’il nous faut une bonne guerre?
– C’est non! NON et NON. Pas d’histoires. On ne tuera pas. Point.
Jésus revient. Pour vous descendre. 2ème partie
Deux mille ans et des tas de poussière plus tard, nous voilà vous et moi dans le désert irakien.
Nous tenons dans nos mains tremblantes un gros flingue automatique surmonté d’une lunette de visée qui permet aux troupes américaines de regarder l’ennemi entre les yeux même quand l’ennemi ressemble à un point tout au fond de l’horizon.
En observant attentivement le viseur, nous découvrons une inscription gravée dans le métal 2COR4:6. Nous levons un regard interrogateur vers le possesseur de l’arme, un soldat étatsunien couleur désert. Quel est donc ce code secret? Serait-ce le numéro de série de l’appareil? Le numéro d’appel de la hotline en cas de problème optique? Le mercenaire sourit. Le mercenaire sent bon le sable chaud. Reprend son joujou et caresse l’inscription du bout des doigts. Le mercenaire nous parle. Il explique que nous sommes immensément ignorants et intensément cons. Un numéro de série? Et pourquoi pas le numéro de portable de Marylin Monroe?
Le mercenaire nous tance. Un peu de spiritualité, bordel! Regardez-vous, hommes de peu de foi. Regardez-moi. Ouvrez vos âmes aux choses supérieures. Le temps de la conversion est arrivé.
Alors le mercenaire explique:
– 2, c’est deux. Imbéciles! COR, c’est Corinthiens, comme dans « Deuxième épitre aux Corinthiens ». Vous voyez, une épitre, c’est comme une très longue lettre que Saint Paul écrit à l’église de Corinthe pour leur dire que Jésus c’est de la balle. 4, c’est le chapitre. 6, le verset ou un genre de phrase si vous préférez. Attardés! Athées! Mécréants.