L’horoscope de l’homme Verseau

Cher garçon du 21 janvier au 18 février.
Il fait vraiment froid. Une bonne occasion pour oublier les règles de la courtoisie. Pour l’horoscope des natifs de ce mois glacé, nous commencerons donc par les garçons. Les filles peuvent attendre dehors.

Messieurs du Verseau, ça ne va pas du tout. Pour tout dire, c’est la chienlit. Il règne dans votre aimable confrérie un bordel innommable. Un signe astrologique produit normalement une population homogène. Des types qui se ressemblent au physique. Au moral aussi. Et vous, que faites-vous? Vous vous asseyez sur le principe fondateur de l’astrologie. Vous foulez au pied les règles millénaires de cette noble entreprise qui consiste à ranger tout le monde dans douze signes chronologiques. Vous croyez que j’exagère? Jésus. Ils croient que j’exagère. Il existe des preuves. J’ai les noms, mais pas le temps pour dénoncer tout le monde. Juste pour la démonstration, nous allons prendre au hasard. À ma main droite les musiciens. À ma main gauche les politiciens. On s’active. Que chacun choisisse son camp une bonne fois pour toute. Ça y est?

OK, dans les hommes politiques nés sous le signe du Verseau, nous avons:
Nicolas Sarkozy (28.01.1955), David Douillet (17.02.1969), Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, duc de Brissac, Paco Rabanne (18.02.1934), Bob Marley (06.02.1945) et Sacha Distel (29.01.1933).
Franchement, les gars du Verseau, vous déconnez. Il faut 4 Sarkozys pour remplir un Douillet. Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, duc de Brissac, est né à Paris, le 14 février 1734, et meurt assassiné à Versailles, le 9 septembre 1792 alors que Paco Rabanne est toujours vivant après sa fin du monde en l’an 2000. Bob Marley a concentré l’essentiel de sa pensée politique dans la confection de cigarettes à la marijuana, et pour Sacha Distel, je me demande s’il ne s’est pas trompé de groupe.

Les  musiciens, c’est encore pire. Qui trouvons nous dans ce bric-à-brac ? Wolfgang Amadeus Mozart (27.01.1756), Mike Brant (02.02.1947), Django Reinhardt (23.01.1910), Alice Cooper (04.02.1948), Sacha Distel (voir plus haut) et Stéphanie de Monaco. (01.02.1965)
La personne qui peut fournir la preuve formelle de l’existence d’un point commun entre Wolfgang Amadeus Mozart et Mike Brant (La mort prématurée est le résultat d’une coïncidence et pas un point commun.) recevra l’intégrale de l’œuvre de Stéphanie de Monaco dans l’édition de la Pléiade. Jango Reinhard jouait de la guitare. Alice Cooper joue avec un boa.  Je constate avec satisfaction que Sacha Distel a intégré le concept de la différenciation des sexes. Contrairement à Stéphanie de Monaco. Stéphanie, cours rejoindre les filles, de l’autre côté de la barrière. Dans le prochain horoscope Verseau, promis,  on va s’occuper de toi. Maintenant, laisse jouer les garçons.

Alors, s’il vous plait. Les garçons verseaux, un peu de discipline. On va pas pouvoir travailler dans ces conditions. Il faudrait vous décider. Se fixer sur un modèle précis. Sarkozy OU Douillet. Alice Cooper OU Stéphanie de Monaco. Et aussi, éviter de mélanger les hommes et les femmes. Voilà. Reprenez-contact avec moi dès que vous aurez terminé. Ceci est un horoscope universel. Pas l’arche de Noé.

Jésus revient. Pour vous flinguer. 1ère partie

Nous sommes en l’an 27 après Lui.
Jésus est beau. Une cascade de boucles blondes inondent son visage préraphaélite. On dirait Robert Plant au début de Led Zeppelin. Il sillonne les territoires pas encore occupés avec son groupe. Les foules subjuguées le suivent sur les collines arides où rien ne pousse. Alors il fait pousser le pain et le poisson. Les foules s’empiffrent en attendant la distribution de café et d’alcools interdits. Pendant que ses ouailles ont la bouche pleine, Jésus parle en disant finalement très peu de conneries.
Bon, c’était il y a 2000 ans et depuis, on a eu des tas de choses à faire, inventer la télévision et les émissions où une présentatrice mammaire fait bander la roue de la fortune. Il est donc parfois nécessaire de revenir aux jours anciens et d’exhumer les papyrus fragiles où les scribes ont retranscrit en direct les paroles du divin enfant.
Jésus a dit. Par exemple : « Tu ne tueras point. »
Formule trapue, qui laisse très peu d’air à l’exégète. Interdiction de tuer pour tous. Partout. Tout le temps. C’est clair?
– Et si, j’ai quand même envie, juste pour faire briller mon gros calibre?
– C’est non.
– Et si mon voisin fait rien qu’à m’embêter?
– C’est non.
– Et s’il nous faut une bonne guerre?
– C’est non! NON et NON. Pas d’histoires. On ne tuera pas. Point.

Jésus revient. Pour vous descendre. 2ème partie

Deux mille ans et des tas de poussière plus tard, nous voilà vous et moi dans le désert irakien.
Nous tenons dans nos mains tremblantes un gros flingue automatique surmonté d’une lunette de visée qui permet aux troupes américaines de regarder l’ennemi entre les yeux même quand l’ennemi ressemble à un point tout au fond de l’horizon.
En observant attentivement le viseur, nous découvrons une inscription gravée dans le métal 2COR4:6. Nous levons un regard interrogateur vers le possesseur de l’arme, un soldat étatsunien couleur désert. Quel est donc ce code secret? Serait-ce le numéro de série de l’appareil? Le numéro d’appel de la hotline en cas de problème optique? Le mercenaire sourit. Le mercenaire sent bon le sable chaud. Reprend son joujou et caresse l’inscription du bout des doigts. Le mercenaire nous parle. Il explique que nous sommes immensément ignorants et intensément cons. Un numéro de série? Et pourquoi pas le numéro de portable de Marylin Monroe?
Le mercenaire nous tance. Un peu de spiritualité, bordel! Regardez-vous, hommes de peu de foi. Regardez-moi. Ouvrez vos âmes aux choses supérieures. Le temps de la conversion est arrivé.
Alors le mercenaire explique: 
– 2, c’est deux. Imbéciles! COR, c’est Corinthiens, comme dans « Deuxième épitre aux Corinthiens ». Vous voyez, une épitre, c’est comme une très longue lettre que Saint Paul écrit à l’église de Corinthe pour leur dire que Jésus c’est de la balle. 4, c’est le chapitre. 6, le verset ou un genre de phrase si vous préférez. Attardés! Athées! Mécréants.

Jésus revient. Pour vous dézinguer. 3ème partie

Comme le soldat étatsunien s’appelle Stallone et fait 2 mètres de haut pour 120 kilos de large, tout le monde écoute très attentivement.
Stallone: OK. Y en a un qui peut me dire de quoi ça parle ?
Nous: Raclements de gorge et silence gêné.
Stallone: Évidemment, personne. En vérité, je vous le dis, la moisson est abondante et les moissonneurs peu nombreux.
Nous: ?
Stallone: Bande de crêpes. On fait pas les foins. La moisson, c’est une métaphore.
Nous: Et c’est quoi une métaphore ?
Stallone regarde tristement la terre aride. Se reprend.
Stallone: OK les gars. Reprenons. Deuxième Épitre aux Corinthiens, chapitre 4, verset 6. St Paul dit: « Car Dieu a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres! Il a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. »
Nous:
Stallone: Vade retro tout le monde. Je crois bien que vous m’avez énervé. Mettez-vous à couvert. Ça va chier.

Nous nous abritons sous un tas de sac de sable. Stallone se met à courir vers les lignes ennemies. Il se jette à terre. Il scrute. Il attend. Une silhouette ennemie traverse le champ de son viseur. Il sourit. Il se déplace un peu. Il tire la langue avec application. Il a le visage de l’ennemi en plein milieu de la mire. Une seule détonation. Une seule balle. Entre les yeux. De l’autre côté, ça dézingue à tout va. Accroupi sur son flingue biblique, Stallone se replie vers nous . Il écarte les bras. Il va parler.

Stallone: Alors les petites tapettes ? On dit plus rien  ? C’est le douzième de la journée. Dieu a dit : la lumière brillera du sein des ténèbres.
Nous: Silence cathédral.
Stallone: Moi et Jésus. On les aura tous. Ces enculés.

Jésus revient sur un canon. Épilogue

Pour les femmes et les hommes de peu de foi qui ne peuvent croire sans avoir vu, voici le détail du viseur d’un soldat américain.


Dans l’ellipse rouge, on peut lire 2COR4:6.
Le fabricant s’appelle Trijicon, une société basée aux États-Unis d’Amérique qui s’expose sur http://www.trijicon.com. Si on n’aime pas les Corinthiens on pourra toujours se rabattre sur l’évangile de St Jean, avec l’inscription JN8:12 : Jésus dit : « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. »
Heureux les soldats américains. Ils transportent Jésus et sa parole sur le canon de leurs armes. À chacun son verset personnalisé : la bible est longue et il faut bien reconnaitre que Jésus avait le sens de la formule choc. Par exemple :
TU NE TUERAS POINT!
CONNARD!


Et pour nos amis anglophones, un lien qui raconte l’histoire enchantée des viseurs bibliques.

Sous la jupe de Terry Gilliam

L’IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS
Quel beau titre. Bien barré. Loufoque et érudit. Anachronique. Mi-latin, mi-raisin.
Imaginarium fait penser à aquarium, pour les optimistes ou funérarium, pour ceux à qui l’hiver rappelle le sapin.
Accolé à Parnassus, docteur fait tache, incongru. Pourquoi pas Folamour ou Mabuse, pendant qu’on y est ? Méfions-nous des films avec un nom de docteur. Dans la plupart des cas, des ouvrages destinés à jeter le discrédit sur la corporation médicale, qui montrent des médecins sans malades. Des pervers. Des psychopathes. Des illuminés. Des dingues prêts à faire sauter la salle d’oprération.
Et aussi, ce Parnassus, nom de famille tout à fait tombé en désuétude. Il y a bien la Tour Montparnasse, mais il s’agit, pour quelques mois encore, du plus haut édifice de France. Pas du médecin de Jules-César.

On voit bien à quel point ce titre est branlant. A côté de la plaque. Mal peigné. Mal réveillé. Mélancolique. Perdu. Brillant. Étranger. Extra-terrestre. Comme Terry Gilliam. Comme le film. Comme Heath Ledger qui finit par s’endormir pour de bon à force de ne plus trouver le sommeil.

Sous la jupe du chihuhahua instantané

Hic et nunc. Ici et maintenant.
Immédiatement. Tout et tout de suite. Un python australien avale un chihuahua et c’est l’émoi mondial instantané. 30 secondes après le décès, 23’896 personnes se retrouvent sur un mur Facebook pour pleurer le défunt. Sur une page concurrente, 12’574 Faceboukiens s’unissent pour soutenir le python en passe d’être exécuté par les autorités locales. En Australie, un débat national s’engage sur la taille minimale des animaux de compagnie et sur la nécessité de réglementer la longueur des pythons. Le gouvernement anglais rappelle aux Australiens les droits à une croissance naturelle et illimitée pour tous les animaux nés sur le sol de l’empire britannique. La reine est envoyée avec sa malle à chapeaux et le prince Charles. Les deux parties se réunissent en conclave pour élaborer un nouveau projet de loi à soumettre dans les meilleurs délais. Les journalistes du monde entier déploient leurs antennes paraboliques devant le siège du gouvernement australien pour retransmettre en direct le résultat des négociations.  La nuit tombe, le monde entier retient son souffle. Après de longues heures angoissées, un communiqué officiel est transmis, la reine va parler dans cinq minutes. Le monde entier se fige. L’attente est insupportable.

Et c’est juste le moment que choisit un Labrador français pour ouvrir le frigo de son propriétaire et engloutir la totalité d’un camembert AOC entouré de son papier de protection biodégradable. L’animal est dans un état critique, la faculté refuse de se prononcer sur ses chances de survie. Sur Facebook, les membres de la Société Protectrice du Camembert se déchaînent. Les Labradors répliquent en créant un Comité d’Action Nationale et défilent dans Paris. Ils font dix fois le tour du Panthéon en salivant. La question est soulevée en haut lieu. L’assemblée nationale s’empare du dossier. Des heures de débats houleux débouchent sur deux projets de loi : l’interdiction faite aux chiens d’ouvrir la porte du frigo et l’obligation faite aux producteurs de camembert d’introduire dans le cursus canin des cours de sensibilisation à la pâte molle. Les sénateurs sont réunis en conclave. Les journalistes du monde entier quittent l’Australie sans attendre la décision de sa Très Gracieuse Majesté. Ils atterrissent en hâte à Paris. Ils déploient leurs antennes paraboliques. La nuit tombe. Le monde entier est en apesanteur. Après de longues heures affreuses, un émissaire gris sort du noir pour dire que le président va parler dans trois minutes. Le monde se bloque. Les estomacs se nouent.
Pendant ce temps tout le monde meurt, on ne sait même pas comment.

1. Bifidus over Love (ou le yaourt mieux que l’amour)

bifidus
Vu à la télé et retranscrit à peu près fidèlement.

Intérieur de cuisine avec des couleurs pour faire jeune. Lumière propre du matin. La mère assise à la table. La fille adossée au plateau de travail où repose une tasse de café fumant.
Jingle printanier.
La mère : (voix française sur V.O. suisse-allemande)
– Ma chérie, je ne t’avais pas vu si radieuse depuis très longtemps.

La fille : (expression du visage en V.O. suisse-allemande)
Baisse les yeux et réprime un sourire mutin.
La mère :
Héhéhé. Hin Hin Hin.
La fille :
Essaie maladroitement de camoufler un sourire plus large qu’une entrée de supermarché.
La mère :
Je ne vois qu’une explication. Tu es tombée amoureuse.
La fille :
Relève d’un seul coup un visage que le bonheur irradie.
Oh Maman! Si tu savais! J’ai découvert le yaourt Bifidus aux bactéries 100% gastro-raffermissantes. Disparus mes problèmes de digestion. Je me sens légère tous les jours.
Fait un bond gracieux dans la lumière du matin.
La mère :
Quel bonheur. Que je suis contente pour toi.
Les deux :
Plongent leur cuillère dans un pot de yaourt synthétique et baveux. Sourire lumineux et accolade transgénérationnelle.
Re-jingle printanier. Cut sur le yaourt gastrodilatateur. Logo qui recouvre le tout et FIN.

2. Love over Bifidus (Mais non, l’amour c’est mieux que le yaourt)

bifidus3
Pas vu à la télé.
Intérieur de cuisine, le matin, la mère qui sent la lessive, la fille qui sent le savon de Marseille, lumière du matin, printemps.
La mère : (voix française sur V.O. suisse-allemande)
– Ma chérie, je ne t’avais pas vu si radieuse depuis très longtemps.

La fille : (moue expressive en V.O. suisse-allemande)
Baisse les yeux et les oreilles.
La mère :
– Hin Hin Hin. Ha Ha Ha.
La fille :
Essaie de diminuer la tension  du sourire qui lui redresse la queue de cheval.
La mère :
– Je ne vois qu’une explication. Tu as découvert le nouveau yaourt 100% Bifidus aux bactéries hydrogénées. Ton estomac exulte. Tu irradies.
La fille :
Relève d’un seul coup un visage irradié.
– Oh Maman! Si tu savais! Je suis amoureuse.
La mère :
– Ben merde alors. Qu’est-ce qu’on va faire des yaourts ?

BMW-Lajoie

Est-ce que tout le monde a bien lu la poésie BMW ? 
Je sens comme un flottement. Une hésitation. Redescendez d’un cran vers l’article précédent. BMW a pris son beau stylo et écrit un poème qu’il récite sur un fond d’images en couleurs à la télévision. (Re)Lisez! C’est très joli!
Maintenant, traduction en prose.
Ici, chez BMW, nous produisons des automobiles remplies d’acier, de plastique et d’autres matériaux rares et chers. Pour que ces automobiles vous permettent de rester au chaud devant le feu rouge, nous utilisons un liquide précieux qu’on ne trouve que dans certains trous sélectionnés ou alors très profond sous la mer. Au début, on vous disait que vous alliez franchir le mur des 200, 220, 250 et même 300 kilomètres à l’heure pour les plus vroum. On disait aussi que vous alliez moucher toutes ces petites bites qui roulent dans des voitures avec des noms entiers. Alors que nous on a inventé un acronyme terrible pour pas avoir à dire à chaque fois « Bayerische Motoren Werke ». Personne d’autre a eu l’idée. Même pas VW ou FIAT. Après, on a dit que vous alliez franchir les montagnes. Fabriqué des voitures hautes comme des maisons et aussi longues qu’un jour sans essence. Toutes les quarantenaires blondes et urbaines en ont acheté une pour aller chercher les enfants à l’école et faire le concours du tank le mieux décoré.
Et voilà-t-il pas qu’une force obscure fait rien qu’à nous embêter avec  une petite crise de pognon. Des esprits fourbes en profitent pour insinuer le doute : il paraitrait qu’en plus d’être fauchés, nous serons bientôt à cours de pétrole. CALOMNIE. DIFFAMATION. SABOTAGE. NOUS NOUS ELEVONS SOLENELLEMENT CONTRE CETTE IGNOBLE CAMPAGNE DE DESINFORMATION. NOUS ALLONS. Nous allons. Nous avons pris bonne note. Voilà, Voilà. Donc vous disiez, plus de pognon. Plus de pétrole. C’est ennuyeux, ça. Merde, qu’est-ce qu’on fait les gars ?
On plonge dans notre moteur. On alimente. On analyse. On éprouve pour mieux réinventer. Et c’est la révélation. Une extase innovatrice inonde nos veines. On oublie la vitesse qui grise et le franchissement de pics escarpés. On revient à la vie. Aux émotions.
Mets de la joie dans ton moteur. Ça fera rire les vélos.