L’affaire du Gruyère I

Nul n’ignore l’état de déliquescence où stagne l’industrie fromagère française.

Des siècles d’égarement ont abouti à une offre certes foisonnante mais caractérisée par le flou et le tâtonnement. Les fromagers français ont tout essayé : la pâte molle. La pâte mi-dure. La pâte dure. La pâte à découper à la scie sauteuse. La pâte qui coule quand on la regarde. Et même la pâte moisie, qu’ils trouvent plutôt bleue et que moi je trouve plutôt verte et prête à jaillir de sa boîte toute seule comme une grande.

Au bout du compte on trouve à peu près 400 sortes de fromages en France. (Les chiffres divergent, la confusion règne là aussi.) À raison d’un fromage par jour, une année ne suffira pas à épuiser le sujet déjà très raplapla. Alors bon, mettons une double ration de fromage le dimanche pour plier l’affaire et entamons notre périple fromager. Commençons en janvier pour terminer en décembre. Que reste-t-il au soir du 31 ? Quelques bons moments. Quelques tentatives intéressantes. Quelques pâtes molles assez franches du collier. Quelques jolies trouvailles pour soutenir un Bordeaux puissant qui n’a besoin de personne pour le soutenir. Des impressions fugaces, oui, mais le problème, c’est que 400 fromages plus tard, il n’y a rien pour égaler le sentiment de plénitude éprouvé lors de l’explosion gustative qui bouleverse vos intérieurs à la première bouchée d’un Parmesan hors d’âge. Rien pour s’approcher de l’illumination olfactive d’une tranche de  Gruyère nourri aux fleurs d’alpage et affiné dans le noir.

Le Gruyère. Justement.

Fromage délicat et puissant, d’un jaune profond qui tutoie l’ocre. Une croûte rousse qui vire au terre de Sienne brûlée. Le Gruyère, tiré au compte-goutte des vaches brunes et blanches qui broutent délicatement les fleurs les plus rares disposées avec art sur l’herbe soyeuse que le ciel déroule sur les alpages des Alpes suisses.
Le Gruyère, essence de parfums poivrés et rallongés au soleil. Le Gruyère, pâte intense, pleine et sans l’ombre d’un trou.

SANS L’OMBRE D’UN TROU. JUSTEMENT.

Octobre, cinq heures du matin.


La route noire luit, léchée par le faisceau des phares.

Le compteur bleu dit 130.
Six heures du matin, les lumières de l’aéroport. Six heures cinq, 13 kilos dans son sac de voyage. Six heures six, à Londres ce sera le même terminal. Six heures quinze, nous buvons un café. Six heures trente, il faut que j’aille travailler. Six heures trente et trente secondes, je l’embrasse, je lui dis « À bientôt. »
Six heures trente-cinq. Je reprends la route noire. Six heures quarante, j’aimerais que la nuit reste. Six heures quarante-cinq, le ciel se troue vers l’Est. Sept heures, le jour passe.
Sept heures trente, le jour étale. Sur le billet, c’est l’heure où son avion décolle. Je cherche la couleur du ciel à travers les nuages. Je cherche un coin de ciel bleu comme une promesse.
Sept heures quarante, derrière mon volant. Sept heures cinquante, derrière mon écran. Pendant ce temps, le temps passe qui ne sait faire que ça. Son avion partage le ciel d’un trait blanc et pointillé. Moi, j’espère que les vents lui seront favorables.
Dans le sillage des avions, les gens qui partent laissent des traces.

Le Père-Lachaise

L’automne arrive et il fait gris. C’est le moment d’aller au Père-Lachaise. 

C’est un cimetière très gai. Très peu d’enterrements. Beaucoup de passants. Des badauds. Des touristes égarés, une carte à la main.
En automne, sous leur plafond de pierre, les morts voient défiler des imperméables et des dessous de parapluies. Quand vient l’été, ils voient sous les jupes des filles des dessous affolants. De mon vivant j’ai détesté l’automne. Quand je serai mort, je préférerai l’été.
Je marche d’un bon pas dans la région de Chopin. Chopin est mon phare. Ma balise. J’aurai trouvé quand j’aurai trouvé Chopin. Un couple allemand et mélomane me dit que c’est là, juste là, à quelques pas. Alors j’avance et voilà Chopin. Je me retourne, je regarde. Je viens et je reviens. Chopin. Petrucciani. Je suis bien là c’est bien ici. Mais où mon Dieu ? Ne me tripote pas ! C’est pas le moment.
Et c’est quand Dieu cesse de me peloter que mon regard tombe sur une rambarde noire en fer forgé. Un balcon sans balcon. Une plaque en cuivre et un rosier. Alors et sans prévenir, deux larmes s’installent sur le bout de mon nez. J’en suis le premier étonné. Je baisse la tête. Il y a tous ces gens qui visitent Chopin et moi, j’ai l’air d’un con, ma mère, devant ma barrière et son rosier.  

J’ai baissé la tête et j’ai pleuré. Juste un petit coup. Heureusement, il pleuvait.  

Recette de tartine à la confiture d’abricots

Sans confiture, pas de tartine. Nous commencerons donc par nous pencher sur l’abricot. Pour que la confiture soit réussie, il faut se lever tôt.

C’est au printemps que commence la confiture à l’abricot.
L’abricotier est un arbre délicat qui produit des fleurs fragiles. S’il grandit à l’ombre des montagnes, il redoute mars et ses retours de froid. Vous voyez, une fleur blanche aux pétales délicats frissonne aux moindres frimas. Elle tousse, elle s’enrhume et parfois, elle meurt d’un simple refroidissement. Et il arrive que mars, ce gros con, vienne cueillir la fleur d’un bon coup de gel. Ensuite, mars ricane et c’est la pénurie annoncée pour la confiture aux abricots.
Bon, dans les bonnes années, la fleur blanche survit. Ensuite beaucoup de soleil et un peu d’eau, pas trop d’eau, en fait. Trop d’eau noie le goût, transforme l’abricot en outre à eau. C’est un dosage de haute précision : il y a la peau qui craque et prend l’odeur du vent. Il y a la chair tendre qui mélange l’été au printemps. Il y a le noyau qui envoie un parfum d’amande douce-amère pour que flamboie la tarte aux abricots dont nous parlerons dans une prochaine causerie.

Alors voilà. Il a plu un peu et sinon, il a fait beau. Chaud. Sec. Juillet tire à sa fin et parfois jusqu’en août. L’abricot est orange jusqu’au rouge. Il peut avoir des taches de rousseur. L’abricot est mûr. Il offre sa croupe tendue à la main délicate qui le cueille.
Pour la confiture, il est au bord de la rupture. Il laisse peut-être couler un filet de jus doré. Il est au bord de la moisissure. Il va éclater, c’est une question de temps. Alors, c’est le moment. Vous aurez quelques heures pas plus. Pour la recette, aucun mystère, tout est dans l’abricot. S’il est bien comme il faut, gorgé de soleil, au bord de l’éclatement, alors il suffira d’un tiers de sucre pour deux tiers de fruits. Le sucre, c’est bon pour la conservation, mais l’espérance de vie d’un vrai pot de confiture aux abricots ne nécessite pas tout ce luxe de précautions. J’ajouterai une touche de pectine pour la consistance et je mettrai à cuire avec quelques noyaux, pour l’amande. 10 minutes à plein feu et une demi-heure à feu doux pour que la peau se mélange à la chair. Ensuite, nous retirons les noyaux et nous mixons le tout pour obtenir un beau liquide un peu épais et tout à fait orange. C’est brillant, ça coule et ça sent une odeur qui fait penser au paradis, si le paradis ressemble à un abricot.
Ensuite, verser le liquide bien au milieu du pot, attendre que ça refroidisse, aller chercher du pain à la mie blanche, idéalement une baguette. Ouvrir la baguette par le milieu. Déposer une couche de confiture dont l’épaisseur variera entre 3 et 6 millimètres pour les abricots-dépendants. Et surtout bien étaler jusqu’au bord pour que chaque bouchée soit équitable. Porter la baguette à sa bouche et mordre dedans. Accéder enfin à l’extase.

Pour l’accompagnement, je suggère un Earl Grey pas trop brutal et pas trop chaud, avec juste ce qu’il faut d’amertume. Pour souligner la touche d’amande amère qui vit toujours dans l’abricot.

Cri d’amour à Heath Ledger

Dans Batman, il y a Batman, type bizarre avec un costume noir, une Batmobile et l’air d’avoir avalé une chauve-souris.

Mais en fait, dans Batman, il y a surtout le Joker. Et dans le Joker, il y a surtout Heath Ledger. Pour se mettre en condition, avant de se mettre à jouer, Ledger se dit que la meilleure chose à faire est de s’enfermer dans une chambre d’hôtel et d’en ressortir lorsqu’il aura trouvé une voix et une posture convenables.
Alors, il arrive à l’hôtel, il rentre dans sa chambre et en ressort six semaines plus tard, sans avoir beaucoup dormi, parce qu’il n’avait pas le temps. Il devait faire des exercices de voltige mentale comme entrer dans la tête de Sid Vicious pendant un concert des Sex Pistols. Ou fabriquer un personnage de psychopathe avec zéro gramme d’empathie, aucune conscience, aucun remords. Penser que le Sida est une maladie désopilante. Penser à rien. À vraiment rien du tout.
Après six semaines, Heath Ledger estime qu’il est prêt. Il a trouvé une voix. Alors il joue le Prince du Mal en bloc. En vrac. Et surtout, en continu : il refuse de regarder les rushes. Il dit que le Joker est un psychopathe tendance cyclothymique, alors lui aussi.

Il suffira de deux extraits de 5 secondes pour admirer le résultat et aimer l’acteur qui brille derrière le personnage.

http://www.youtube.com/watch?v=CWILhrSzw5o
http://www.youtube.com/watch?v=NPm_9YWRKMA

Ensuite, Heath Ledger a tellement manqué de sommeil qu’il ne s’est plus réveillé.

Getting older with Mark Knopfler

I saw him first in 1979. A hungry, starving face. A falling mouth, eyes carved a long way into the skull, hollow cheeks hanging to high cheekbones. He looked like he had something urgent to say. Something urgent to play. It was music down to its bare bones. And his Ferrari red Stratocaster flashing on the stage. No filter, just the fingers picking the strings and a sound like pure, fresh water. Mark Kopfler was talking. He spoke about the river Tyne, Newcastle, about the sound of « a foghorn blowing out wild and cold » about a band playing Dixie in a punk world.

I saw him then with a headband and a wristband, a tennis player playing guitar. The face was rounder, heavier, and so was the music. There were arrangements, there was some fat sticking to the bones. There was too much noise over the guitar chords. The red Fender was still there, but there were other guitars, other sounds. Noise. Stuff. Mark Knopfler was still talking to his microphone, but his voice could barely be heard. His songs were overstretched, overdubbed, but still there were moments when he would switch off the power and play and talk to the microphone, talk  straight from his throat, muttering Geordie words in his Geordie voice.

I saw him then without Dire Straits. No more headband, no more hair. The voice had gone deeper, lower. His face ageing and melancholy looming in his eyes and in his notes. Mark Knopfler had been looking for a Golden Heart « and she took a loop of leather for around her neck. » The music was different, quieter, his Geordie soul connecting with a country soul, a long way down South.

I saw him then with Emmylou Harris and country it was. We were a long way away from Newcastle. Mark Knopfler was singing, surprisingly the man can sing. And Emmylou can sing too. So there were good moments, duets, and his signature touch sometimes, his fingerpicking underlining the voices, leaving enough space for silence: since the beginning and with the exception of the stadium years, Mark Knopfler has always left enough space for silence between his notes.

During all those years, I’ve driven many hours to see Mark Knopfler.

Yesterday, I took a walk to the lake road, a 5 minutes bus ride and I was in Montreux. Mark Knopfler was playing in my backyard and it was the strangest thing, almost like going out to see an old friend of mine playing in a local club. I felt like coming home. The concert was scheduled for 7:45 pm prompt, as the ticket said. We are not talking sex, drugs and Rock’n’Roll here. In his last record Mark Knopfler speaks about Monteleone, a guitar maker, a wood chiseller, using tools from the past to assemble a mandolin. A craftsman, someone like him, in fact.
It is almost 8 pm, the hall is packed, the lights have come off and he appears on the stage, sitting on a stool and I see the red Stratocaster flashing. We are silent. And in one moment, in one second, I’m gone from this world. I’m back 30 years ago. For the very first time I see those fingers picking the strings, letting those fluid notes flow like pure water straight into my heart. All I can see is the Ferrari red guitar and the fingers picking. Maybe the man on stage is old, maybe his back hurts and he has to sit on that stool. Maybe the man is tired or sad. Maybe I’m old.

But that SOUND and that SOUL do it for me. I hear him for the first time. I hear his music for the first time and it brings tears to my eyes.

I’m 48 and I’m eighteen for two hours.

REQUIESCANT

Quand la vigne aura disparu, ils inventeront le vin en cube

Quand les glaciers auront disparu, ils iront boire l’eau de la lune

Quand le blé aura disparu, ils mangeront du pain en tube

Quand les cerises auront disparu, leur printemps aura la même odeur

Quand les arbres auront disparu, leur printemps aura la même couleur

Quand la terre aura disparu, leurs cercueils voleront

QUAND LA TERRE SERA MORTE, LES CONS SURVIVRONT.

Garder les hommes ou les moutons

Devant, le sable jaune.

Il fait si chaud que la ligne d’horizon bouge, flotte, ondule, monte, liquide vers le ciel bleu pétrole. Le soleil en fusion coule des lames de chaleur blanche.  Sur ma tête un chapeau. Devant moi des silhouettes vagues. Une longue tunique du même bleu que le ciel trace le chemin au bout de son bâton. Saïd était berger. Il conduisait les moutons avant de conduire les femmes et les hommes sur les routes que le vent défait, au milieu du désert. Il marche sur ses sandales plates et larges. Il effleure sans effort la surface du sable alors que nos pas nous enfoncent. Nous sommes lourds, il est léger. Il danse et nous marchons. Quelques fois, il se retourne. Il s’arrête et contemple son troupeau en désordre. Il lève son bâton. Il crie. Il attend. Le troupeau se rassemble autour de lui. C’est lent. C’est désordonné. Il attend. Je crois qu’il préfère les moutons.

Quand tout le monde est là, il montre une empreinte en escaliers laissée par une vipère des sables. Un papillon à l’allure d’avion furtif. Une  plante miraculeuse. Il déchiffre pour nous les signes. Il parle couramment la langue du désert. C’est un berger et nous sommes des moutons. Ce jour-là, Saïd s’est arrêté au fond d’une combe, un passage assez large, on aurait dit l’empreinte sinueuse d’un ruisseau avalé par le sable. Il s’est baissé et son bâton a fouillé le sol à un endroit bien précis. Il a avancé d’un pas ou deux et s’est accroupi pour dégager le sable à deux mains. Il a repris son bâton, l’a enfoncé d’un seul coup dans le sol qui a émis un son creux.  Ses mains ont continué leur travail et l’anse d’un couvercle est apparue. Ensuite, le couvercle tout entier, caché à trente centimètres sous le sol, au milieu du désert. Il a bien nettoyé la surface brillante, soufflé sur les derniers grains de sable.  

Nous nous tenions penchés au-dessus de lui. Il nous a demandé de nous écarter. Il devait regretter les moutons. Sous le couvercle, il y avait une bouteille découpée au milieu et accrochée à un fil métallique. Le silence s’est fait, alors que la bouteille descendait jusqu’au fond du trou noir. Il y a eu un bruit d’aspiration. Nous étions happés par le trou. Saïd s’est retourné pour nous dire de nous écarter. Encore. Il devait regretter ses moutons. Il a tiré sur le fil métallique, saisi la bouteille par le fond et fait gicler sur nous les mille gouttes froides de cette eau brillante qui dormait dans le lit du désert.

Nous nous sommes éparpillés en tous sens. Saïd a ri. Pour une fois, il n’a pas regretté ses moutons.  

Tout va bien se passer.

J’ai un doute.
Un doute tentaculaire. Le doute m’enlace et ne me quitte plus. Doute, ne me quitte pas, reste autour de moi.

Je me souviens. Des devoirs et des leçons. De l’importance du calcul. De l’importance de la multiplication, de l’addition, de la soustraction et des bénéfices sous le trait noir.  De l’importance de l’ennemi qu’on peut bouter hors des frontières. De l’importance des flingues qui boutent l’ennemi hors des frontières. Du sérieux nécessaire à la bonne marche des affaires du monde. De l’importance de la cravate rouge posée sur la chemise blanche au milieu du « V » impeccable formé par la bordure symétrique d’un costume gris anthracite.

Il nous faut de vraies limousines avec des vitres opaques. Des carrosseries funèbres. Il faut des gardes du corps équipés d’oreillettes. Il faut un hélicoptère pour survoler le tout. Il faut des gens sérieux. Il faut des gens qui ont le profil du poste. Des gens qui ont étudié dans les écoles qui apprennent à soustraire les bénéfices sans aditionner les inconvénients. Il faut aussi le gabarit et l’expérience. Et surtout de l’argent, il faut beaucoup d’argent. De l’argent comme s’il en pleuvait.

Enfin, il faut des caméras, des micros, une estrade, un drapeau, et un beau président dans sa veste anthracite pour nous dire que tout va bien se passer.
Je ne suis pas rassuré. J’ai un doute.

Faire des trous dans l’eau


Prenez un bateau qui traverse les océans.

Le bateau s’arrête, renifle. Tiens. Ça sent le pétrole! Explosion de joie. Les bouchons de Champagne s’élancent vers le ciel intensément bleu. Les bouchons retombent. Gorgés d’eau, les bouchons finissent par s’enfoncer dans le grand bleu.  Arrivés au fond, les bouchons obscurcissent la vue sur l’entrée des grands abysses et les baleines tombent dedans. Les bouchons perturbent la digestion du requin blanc peu habitué à manger du bois. Le requin blanc a des brûlures d’estomac. Le requin blanc est énervé. On le prend pour un végétarien. Il part à la recherche de chair fraîche. Il avale un surfeur entier. Dans sa précipitation, il oublie d’enlever la peau en néoprène. La peau ne passe pas. Le requin est ballonné. Un hoquet le saisit. Il ouvre la bouche. Il entonne d’un seul coup un hectolitre d’eau acide qui lui décape les intérieurs. Le requin blanc rejoint les baleines au fond des abysses.  

Devant ce désastre écologique sans précédent, la British Petroleum décide de prendre des mesures sans précédent. Des mesures radicales. Des mesures définitives pour que la mer reste à jamais la mer. BP rappelle tous ses bateaux. Sur tous les océans. BP descend au fond des cales. Saisit toutes les caisses de Champagne et les remplace par de l’eau plate.
Plus de rejet de CO2! Plus de bouchons! Il suffisait d’y penser!

Toi aussi, arrête le Champagne. Sauve la planète avec BP!